La Russie aurait assoupli ses conditions dans le conflit en Ukraine, a affirmé jeudi soir le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan. Selon lui, Moscou, qui occupe environ 20 % du territoire ukrainien, ne réclamerait plus la totalité des cinq régions revendiquées – Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia et la Crimée – mais serait prête à geler le front actuel dans le sud du pays.
Au cours de pourparlers tenus à Istanbul plus tôt cette année, les négociateurs russes avaient exigé comme préalable le retrait complet de l’Ukraine de ces territoires. Mais, d’après Ankara, cette ligne aurait évolué à la suite du sommet en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine. « Les Russes ont renoncé à cette exigence et restent sur les lignes de contact, à l’exception d’une région », a indiqué Hakan Fidan sur la chaîne TGRT Haber.
Le chef de la diplomatie turque a évoqué un « accord préliminaire » portant sur la cession à la Russie de 25 à 30 % de la région de Donetsk, tandis que les positions militaires actuelles seraient maintenues dans les régions méridionales de Kherson et Zaporijjia. Il n’a toutefois pas précisé si cet accord supposé avait été discuté avec Kiev, qui a jusqu’ici rejeté toute concession territoriale, ou avec Washington.
Un terrain diplomatique fragile
Ces propos confirment les informations de responsables, sous couvert d’anonymat, qui évoquaient déjà une inflexion de la position russe. Hakan Fidan a salué de « réelles avancées diplomatiques », tout en reconnaissant la difficulté pour l’Ukraine d’accepter de telles pertes. « Une fois ce territoire abandonné, le territoire restant deviendra beaucoup plus difficile à protéger », a-t-il souligné, en référence au Donbass, bastion minier et industriel transformé en champ retranché par l’armée ukrainienne.
Cette déclaration survient alors qu’une frappe meurtrière a visé Kiev jeudi, faisant au moins 23 morts, rappelant la brutalité persistante du conflit malgré ces signaux diplomatiques.
La rédaction
(Credit Image: © Thomas Krych/ZUMA Press Wire)