Donald Trump a décidé de mettre un terme à la protection assurée par les services secrets américains à Kamala Harris. L’ancienne vice-présidente bénéficiait de cette sécurité renforcée en vertu de la loi, qui garantit six mois de protection après la fin du mandat. Ce dispositif devait s’achever en juillet dernier, mais Joe Biden, juste avant de quitter la Maison-Blanche, avait discrètement signé une directive prolongeant cette protection pour un an supplémentaire.
Selon un mémo daté du 28 août et consulté par la BBC, Donald Trump a annulé cette mesure, demandant à l’agence de « cesser toute procédure de sécurité supplémentaire au-delà de ce qu’exige la loi » à partir du 1er septembre. Un haut responsable de la Maison-Blanche a confirmé cette décision. Officiellement, une évaluation récente des menaces n’a pas révélé de risques particuliers justifiant le maintien de la protection au-delà de la période légale.
Cette annonce intervient alors que Kamala Harris s’apprête à entamer une tournée nationale pour promouvoir son livre 107 Days, dans lequel elle revient sur sa brève et infructueuse campagne présidentielle de 2024. Elle perdra les agents chargés de sa sécurité personnelle et de la surveillance de sa résidence à Los Angeles, ainsi que les dispositifs de renseignement préventif visant à déjouer d’éventuelles menaces. Or, selon des experts, une telle protection coûterait plusieurs millions de dollars par an si elle devait être financée à titre privé.
La décision de Donald Trump a suscité de vives réactions en Californie. Le gouverneur Gavin Newsom et la maire de Los Angeles, Karen Bass, ont dénoncé une mesure dangereuse et motivée par des représailles politiques. « C’est un nouvel acte de revanche, après une longue série de sanctions et de révocations décidées par le président », a accusé Karen Bass sur CNN, promettant de veiller à la sécurité de l’ancienne vice-présidente dans sa ville.
Des représailles en cascade
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a retiré la protection des services secrets à plusieurs personnalités, dont Hunter et Ashley Biden, enfants de l’ancien président, Anthony Fauci, ex-directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, ou encore deux de ses anciens collaborateurs devenus critiques, John Bolton et Mike Pompeo.
Kamala Harris, première femme et première personnalité issue d’une minorité élue vice-présidente des États-Unis, avait fait l’objet de multiples menaces pendant son mandat. En 2024, un homme de Virginie a été inculpé pour avoir projeté de la tuer, de l’enlever ou de lui nuire, tandis qu’en 2021, une résidente de Floride avait plaidé coupable après avoir envoyé des vidéos menaçantes la visant.
Rédaction, avec Maxence Dozin
(Photo KENA BETANCUR / AFP)