En refusant publiquement de « donner des leçons » à son public, Julien Doré (photo) a mis des mots sur un malaise diffus : celui d’une partie croissante des Français face aux prises de position moralisatrices d’artistes convaincus que leur notoriété vaut magistère politique. Une inflexion révélatrice d’un rapport en train de changer entre le monde culturel et son public.
Invité sur RTL le 20 décembre dernier, Julien Doré n’a ni réglé de comptes ni revendiqué un silence courageux. Il a simplement exprimé une gêne, celle qui naît lorsqu’un artiste, conscient de ses privilèges, se retrouve face à un micro et se demande s’il est légitime d’expliquer à d’autres comment penser, voter ou juger le monde. Dans une époque saturée d’injonctions morales, sa retenue a frappé par sa simplicité. Elle a surtout tranché avec une tradition bien installée dans le paysage culturel français, où l’engagement public est souvent perçu comme un devoir implicite.
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