Depuis Davos, Bart De Wever rompt avec la retenue diplomatique habituelle. En affirmant que « le temps des politesses est révolu », le Premier ministre belge adresse un message clair : l’Europe ne peut plus se permettre une posture conciliante face à Donald Trump, dont la méthode repose sur la pression permanente et la remise en cause des équilibres établis. « Le temps des politesses est terminé. ». Une rencontre est prévue demain avec le président américain et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à laquelle assistera également le roi Philippe de Belgique. Une information rapportée par HLN.
Une méthode fondée sur le rapport de force
Aux yeux de De Wever, la stratégie de Trump suit une logique implacable : tester la résistance des partenaires, exploiter leurs hésitations et avancer toujours plus loin. Les menaces récentes visant le Danemark, pourtant allié loyal de l’OTAN et client important de l’industrie américaine de défense, illustrent ce basculement. La fidélité ne protège plus ; elle devient parfois un levier de pression supplémentaire.
L’appel à un sursaut européen
Face à ce constat, le Premier ministre belge plaide pour un changement profond de doctrine. Selon lui, l’Europe doit cesser de réagir au coup par coup et se doter d’une stratégie commune forte. Cela implique une intégration accrue des pays européens centraux, une politique industrielle coordonnée et une capacité réelle à défendre ses intérêts économiques et stratégiques.
« Nous devons nous armer », insiste De Wever : un appel qui va bien au-delà du seul domaine militaire. Il s’agit aussi d’innovation, de technologie, d’énergie et de souveraineté économique.
Davos, laboratoire d’un nouveau rapport de force
Si la rencontre annoncée avec Trump reste incertaine et s’annonce « non scénarisée », Davos demeure un terrain essentiel pour l’Europe. En multipliant les contacts avec les industriels et les géants technologiques, De Wever veut comprendre les mutations en cours et éviter un décrochage durable du continent.
Derrière cet épisode diplomatique se dessine un enjeu plus large : la capacité de l’Europe à exister comme puissance autonome dans un monde redevenu brutal. Pour le Premier ministre belge, le message est désormais sans ambiguïté : l’ère de la naïveté stratégique est terminée.
Demetrio Scagliola
(Photos Belgaimage)