Cieltje Van Achter (N-VA) : « Bruxelles a tout pour réussir, sauf une bonne gouvernance »
Publié par Demetrio Scagliola
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Alors que Bruxelles attend toujours un nouveau gouvernement plus de 500 jours après les élections régionales, la ministre flamande chargée de Bruxelles et des Médias, Cieltje Van Achter (N-VA, photo), tire la sonnette d’alarme. Pour celle qui incarne la voix des nationalistes flamands dans la capitale, la mauvaise gouvernance, la dette abyssale et le manque de sécurité minent l’avenir de la Région. Prête à participer à une future majorité « constructive », elle appelle à des réformes courageuses et à une relance du bilinguisme pour que Bruxelles retrouve enfin son rayonnement.
21News : Bonjour Cieltje Van Achter, la crise politique à Bruxelles a franchi le cap symbolique des 500 jours. Comment vous vivez ça en tant que flamande de Bruxelles et ministre responsable de Bruxelles au sein du gouvernent flamand ?
Cieltje Van Achter : 500 jours sans gouvernement... Je pense que ça doit préoccuper tout le monde. Les Européens savent ce qui se passe à Bruxelles, ce n'est pas un fait divers. Donc oui, nous avons besoin d'un gouvernement qui s'attaque aux problèmes et qui les affronte réellement. Bruxelles est une ville fantastique, c'est un moteur économique pour le pays, un centre politique avec les institutions européennes et internationales. Donc tout est réuni à Bruxelles, sauf qu'on n’a pas une bonne gouvernance. Par exemple qu’on fasse en sorte que demain il y ait encore des enseignants qui viennent dans nos écoles, que les entreprises ne délocalisent pas, que les jobs ne soient pas perdus, qu’on aide les gens à trouver un emploi. On a besoin d'un gouvernement qui s'attaque aux problèmes de sécurité, pour que nos enfants puissent prendre le métro en toute sécurité, qui s'attaque au problème de la drogue. Donc oui, je suis vraiment très préoccupée. Bruxelles a tout pour être une ville qui rayonne, mais c'est juste la bonne gouvernance qui manque.
21News : Quelle est l'image que la Flandre a de Bruxelles aujourd'hui ? Et y a-t-il eu une évolution au cours des deux ou trois dernières années ?
Cieltje Van Achter : Pas très bonne évidemment, et pas seulement en Flandre. Ca devient de plus en plus difficile de pouvoir défendre Bruxelles comme je le fais vraiment.
« On paye aujourd’hui 415 millions d’euros d’intérêts par an : c’est autant d’argent qu’on ne peut pas investir pour les Bruxellois. »
21News : Concrètement, qui incarne cette mauvaise gouvernance à vos yeux?
Cieltje Van Achter : Tout d’abord, c’est le fait de ne pas avoir de gouvernement. J'étais déjà très préoccupée par le budget avant cette longue crise. Comme parlementaire bruxelloise, j'ai demandé à plusieurs reprises à un ministre très ambitieux dans son plan climatique, Alain Maron (Ecolo), de connaître son budget. Je me revois encore lui demander « avec quel argent vous allez vraiment faire votre plan climatique? » J'ai posé la question des dizaines de fois : « Comment, avec quel argent ? » Aujourd'hui, on le sait, il n'y avait pas le budget. Et qu'est-ce qu'on dit aux 2.000 personnes qui sont en attente de leurs primes Rénolution, qui ont fait leurs travaux, qui ont fait ces investissements dans leur maison ? On leur dit quoi ? Que le gouvernement n’a pas prévu le budget... Donc c'est ça l’importance d’un budget, ça touche vraiment le quotidien des gens. Si on paye aujourd'hui 415 millions par an d’intérêts aux banques, c'est 415 millions qu'on peut pas investir dans des choses concrètes pour les Bruxellois.
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