Au moins 226 personnes sont mortes dans la mine de Rubaya à l’est de la République démocratique du Congo. Ce bilan n’est que provisoire et devrait sans doute s’alourdir. Des mineurs se trouveraient encore ensevelis sous la terre.
Des glissements de terrain sont les principaux responsables de cette catastrophe. Les sols fragilisés par l’actuelle saison des pluies ont cédé. La boue a recouvert le site et de nombreux mineurs se sont retrouvés pris au piège à l’intérieur des puits d’extraction. D’autres s’en sont sortis de justesse vivants mais blessés, certains grièvement. Ils sont soignés dans les centres de santé locaux qui sont débordés ou dirigés vers Goma. L’absence totale de mesure de sécurité et d’organisation dans les méthodes d’exploitation de la mine n’a fait qu’amplifier le drame.
Située dans les Masisi à quelque 80 kilomètres de Goma la capitale du Nord Kivu, la mine de Rubaya échappe au pouvoir central de Kinshasa depuis plusieurs années. Elle est depuis 2024 sous le contrôle du M23, une rébellion soutenue par le régime de Kigali. Les taxes que les rebelles y prélèvent dépasse le million de dollars par mois. Cet argent contribue à financer les structures du M23. Selon un rapport des Nations-Unies, la production de coltan à Rubaya s’élèverait à 120 tonnes par mois. Une production qui part directement vers le Rwanda. Le site renferme un des plus riches gisements de coltan au monde. La mine représente à elle seule suivant les sources entre 15 à 30 % de la production mondiale de ce minerai. Elle est exploitée par des centaines de petits creuseurs qui travaillent des conditions précaires, sans aucunes protections dans une ambiance qui tient plus du Far West que de l’Etat de droit. A Rubaya comme dans la majorité des sites miniers des Kivu ou de l’Ituri, ce sont des milliers de Congolais qui fuient la misère et n’ont pas d’autres alternatives que de descendre dans les mines pour gagner quelques dollars.
La catastrophe de Rubaya est une des plus meurtrières de ces dernières années. Elle n’est hélas qu’une parmi d’autres. Depuis 2024, le nombre d’accidents dans les mines artisanales de cuivre, d’or ou de coltan se compte en dizaines provoquant la mort de centaines de personnes dont des femmes et des enfants. Tous morts pour essayer de survivre.
Philippe Lamair
(Photo Belgaimage)