Sept réacteurs hier, deux aujourd’hui, et aucun plan crédible pour demain. Dans cet entretien, l’expert Damien Ernst (ULiège) démonte trente ans de renoncements politiques, explique pourquoi le gaz ne sauvera pas la souveraineté énergétique belge, et affirme ce que beaucoup refusent encore d’admettre : le nucléaire n’est pas une énergie de marché, mais une énergie d’État.
21News : On est passé de sept réacteurs à deux. Comment en est-on arrivé là et que s’est-il passé ?
Damien Ernst : On assiste à une destruction complète de l’industrie nucléaire belge, entamée vers la fin des années 80, à la suite de l’accident de Tchernobyl. À partir de ce moment-là, il y a eu un manque d’investissements et surtout une absence totale de stratégie industrielle pour relancer la filière, contrairement à ce qui avait été fait dans les années 70 et 80. Aujourd’hui, il n’y a plus de souffle politique pour rajeunir ce secteur. Malgré les promesses gouvernementales de prolongation, les dossiers n’avancent pas, ce qui mène à une extinction progressive mais certaine de la production nucléaire en Belgique.
« La prolongation d’un réacteur nucléaire est un dossier extrêmement complexe. Cela ne se gère pas à coups de tweets ou de déclarations publiques. »
Abonnez-vous pour lire l'article en entier.
Apportez votre soutien à la rédaction de 21News en souscrivant à notre contenu premium.