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La ruine de l’OTAN peut devenir la fortune de Bruxelles (carte blanche)

par Contribution Externe
(Xinhua/Zhao Dingzhe)

L’OTAN tombe en déliquescence : elle se fissure depuis que les Européens ont compris que les Américains s’en désengageront progressivement. Il en va de même pour Bruxelles : la ville est en train de s’effondrer faute de gouvernance : impossibilité de former un gouvernement, immigration incontrôlée, insécurité croissante, narcotrafic en pleine expansion, endettement irrépressible et explosif…

De ces deux funestes phénomènes peut surgir une miraculeuse transcendance : la naissance de la tant attendue Défense Autonome Européenne et l’éclosion d’une « Washington européenne ». Partons de cette hypothèse : la fin de l’OTAN implique que l’Europe, désormais seule, est obligée de se réorganiser. Dans ce contexte quel rôle pourrait jouer Bruxelles dans une Europe sans OTAN ?

Première idée : Bruxelles devient le véritable « centre de commandement politique » de la sécurité européenne

Dans un monde post-OTAN, Bruxelles deviendrait presque inévitablement la capitale politique de la défense européenne.  En effet, elle est déjà le siège des grandes institutions européennes (Commission, Conseil, Parlement). En outre, la ville est depuis longtemps un hub diplomatique mondial. Mais surtout, Bruxelles est un terrain politiquement neutre entre Paris, Berlin, Varsovie et Rome.

Dans cette optique, Bruxelles pourrait abriter un Conseil européen de sécurité et de défense permanent. C’est-à-dire un organe politique nouveau (ou fortement renforcé), chargé non seulement de définir la stratégie militaire européenne, mais aussi de décider quand et où l’UE intervient, sans oublier la coordination des budgets de défense des Vingt-Sept. En pratique : une sorte de « Conseil de sécurité européen » basé à Bruxelles. Et ce n’est pas tout,  la ville pourrait aussi abriter un Etat-major militaire européen centralisé.

Certes, aujourd’hui, l’UE a déjà un embryon d’état-major (EMUE), mais il est significativement faible. Sans OTAN, il deviendrait un véritable commandement militaire européen, basé à Bruxelles, chargé notamment de planifier les opérations militaires, de coordonner les armées nationales, de gérer les crises, de superviser la protection des frontières et du territoire européen… En somme, Bruxelles deviendrait l’équivalent européen du Pentagone… mais politique plutôt que purement militaire.

Deuxième idée : Bruxelles devient une capitale stratégique hautement sécurisée

Cependant, en lui octroyant un rôle stratégique majeur, la ville augmenterait, davantage qu’elle ne l’est déjà aujourd’hui,  sa qualité de cible prioritaire en cas de conflit.

Bruxelles comme centre décisionnel de l’Europe, lieu des sommets de crise et nœud diplomatique de la sécurité du continent, implique forcément une défense aérienne renforcée autour de la capitale, une protection anti-cyber massive, une surveillance accrue et une présence militaire permanente. Ce qui n’est pas pour déplaire à une population outrée de voir sa ville gangrénée par l’insécurité générale. Bruxelles donc, deviendrait une ville hautement sécurisée, un peu comme Washington D.C. aux États-Unis.

Troisième idée : Bruxelles devient un hub diplomatique mondial

Sans OTAN, l’Europe devrait parler d’une seule voix face, aux États-Unis, à la Russie, à la Chine, au Moyen-Orient, à l’Afrique…

Bruxelles deviendrait donc le lieu des grandes négociations stratégiques; la plateforme diplomatique où l’Europe négocie la paix, les alliances, les sanctions, etc. En clair : Bruxelles passerait de “capitale administrative de l’UE” à “capitale géopolitique de l’Europe”.

Quatrième idée : Bruxelles devient le centre de la défense européenne intégrée

A mon sens, dans une Europe sans OTAN, il y aurait deux possibilités militaires principales : d’abord une  Défense européenne coordonnée depuis Bruxelles,  qui  jouerait un rôle de chef d’orchestre militaire: coordination des armées nationales, partage des renseignements, planification commune, répartition des rôles entre pays (par exemple à la France, la dissuasion nucléaire européenne, à l’Allemagne la logistique et l’industrie militaire, à la Pologne, le front oriental, à la Belgique, le centre de commandement et de coordination…).

Ensuite, un Centre du renseignement européen basé à Bruxelles.  C’est-à-dire, une grande agence européenne de renseignement, chargée de surveiller les menaces russes, chinoises, cyber, terroristes; de coordonner les services secrets nationaux ; et de protéger les institutions européennes. Cela ferait de Bruxelles un équivalent européen de la CIA / NSA combinées — version UE.

Cinquième idée : Bruxelles devient le centre de planification logistique et industrielle de la défense européenne

Cela mettrait la Belgique au centre du système européen réorganisé, en soulignant son rôle clé pour l’économie et la logistique. En effet, sans OTAN, la défense européenne dépendrait énormément de la logistique. Et là, la Belgique devient stratégique puisque, le Port d’Anvers est une artère vitale de l’Europe, Zeebrugge est une porte maritime du continent, les réseaux ferroviaires belges sont un carrefour central, etc.

Dans cette optique, Bruxelles serait chargée, entre autres,  de la planification des chaînes d’approvisionnement militaires, de la production d’armements coordonnée à l’échelle européenne, de la mutualisation des stocks stratégiques…

Sixième idée : Bruxelles devient l’arbitre politique entre les  grandes puissances européennes

Sans OTAN, il y aurait une rivalité naturelle entre, Paris (vision souverainiste et militaire), Berlin (vision économique et légale), Varsovie (vision sécuritaire dure), Rome/Madrid (vision plus méditerranéenne). Bruxelles deviendrait alors l’arbitre institutionnel ; le lieu où l’on évite que l’Europe ne se fracture ; le point d’équilibre entre ces puissances. En ce sens, Bruxelles serait indispensable à la cohésion européenne.

En résumé, en synthétisant les cinq fonctions clés que pourrait assumer notre ville (Capitale politique de la défense européenne, Centre de commandement militaire européen, Hub du renseignement européen, Nœud logistique et industriel, Arbitre entre États européens), Bruxelles deviendrait en somme “la Washington de l’Europe”. Pour notre Royaume, cela impliquerait plus d’investissements militaires en Belgique, plus de présence de forces européennes sur le sol belge, plus de pression sécuritaire, mais aussi plus d’influence politique belge dans l’UE. La Belgique devenant un pivot stratégique incontournable, et non plus seulement un pays hôte des institutions.

Carl-Alexandre Robyn ingénieur-conseil en valorisation de startups, fondateur du Mouvement Droite Moderniste

(Xinhua/Zhao Dingzhe)

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