Une carte blanche de Geoffrey Van Hecke, chef de file du MR à Berchem-Saint-Agathe
Il est presque devenu banal d’entendre des personnes lâcher, en parlant des libéraux : « fachos », « nazis », « extrême-droite », sans compter les « trumpistes », « parti d’ultra riches » et autres (mais ne nous éloignons pas du sujet). Le dénominateur commun à ces insultes répugnantes ? L’ignorance. La volonté des partis de gauche (et surtout d’extrême gauche) d’exciter les frustrations, les haines les plus malsaines. Un écran de fumée pour fuir son propre bilan, ses propres égarements, un programme qui a conduit la Belgique et plus particulièrement Bruxelles à la précarité. Pour justifier la médiocratie qu’ils ont créée, certains ont préféré déformer l’histoire et sortir les choses de leur contexte. Quitte à manquer de respect aux cinquante millions de personnes mortes pendant la Seconde guerre mondiale. La meilleure défense est l’attaque dit-on, sauf que cette stratégie-ci est odieuse, tant elle est dépourvue d’arguments rationnels.
Petit retour en arrière. Le national-socialisme, couramment abrévié nazisme, est l’idéologie politique du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), parti politique d’extrême droite, fondé en Allemagne en 1920 et dirigé par Adolf Hitler. Cette idéologie théorise une hiérarchie au sein de l’espèce humaine divisée en « races », au sommet desquelles se trouve la « race aryenne », supérieure, tandis que les races les plus détestées par les nazis, les Juifs, les Slaves et les Tziganes, forment la classe des « sous-hommes ». Le nazisme est le seul type de fascisme incorporant à la fois racisme biologique et antisémitisme. Bref, une idéologie puante, qui a conduit au plus grand génocide de l’humanité. Comparer un parti politique, dont les élus sont démocratiquement issus des urnes, attaché à l’état de droit, aux libertés fondamentales, pacifiste, qui lutte proactivement contre l’antisémitisme, à un régime ultra violent, dictatorial, ouvertement raciste, est une honte absolue. Une insulte à la démocratie, aux milliers de militants libéraux.
Cette permissivité est apparue au grand jour avec l’actualité internationale. Si l’antisémitisme n’a dans les faits jamais été réellement vaincu (il a en revanche migré à gauche sur l’échiquier politique), le poids de l’histoire écartait les discours trop directs, trop véhéments. Puis vint la guerre à Gaza, opposant dans les faits l’horrible régime du Hamas à Israël, victime d’un massacre barbare le 7 octobre 2023. Le gouvernement Netanyahu et ses alliés est loin d’être parfait et porte sa part de responsabilités, tant du côté israélien que palestinien. Mais il a le mérite d’être élu démocratiquement. Netanyahu peut partir par les urnes, le Hamas ne peut partir que par les armes, malheureusement. Mais pour beaucoup, l’émotionnel et le pouvoir des images prennent rapidement le dessus. La peine du peuple palestinien a éclaté devant le monde entier. La haine du juif n’était plus un tabou, un prétexte béton fut servi sur un plateau d’argent à cette gauche radicale, au final bien plus raciste que celles et ceux qu’ils prétendent combattre. À l’époque, la Ministre des Affaires étrangères est Hadja Lahbib (MR), qui a défendu la fameuse solution à deux états (et comme tous les élus libéraux, la libération des otages israéliens). Par sa voix, la Belgique fut l’une des premières à réagir. Ironie du sort, alors qu’on qualifie régulièrement le MR de pro-Israël, c’est bien le discours d’Hadja Lahbib et de son homologue espagnol qui nous ont attiré les foudres du gouvernement Netanyahu. Les libéraux ont toujours été clairs : une solution à deux états, sans le Hamas, et l’espoir d’une cohabitation pacifique, entre deux nations aspirant à la démocratie. Car la peine des Palestiniens est double. Ils n’ont pas attendu les bombardements d’Israël pour subir la misère. Le Hamas est un mouvement intolérant, corrompu et particulièrement agressif, soutenu qui plus est par le régime des mollahs iraniens (nous en reparlerons plus loin). Ce même mouvement qui a utilisé sa propre population comme bouclier humain, qui imbrique les structures militaires avec les civiles. Le carnage fut inévitable, face à une nation meurtrie, supérieure technologiquement.
Gaza à toutes les sauces
La guerre à Gaza s’est invitée dans toutes les campagnes électorales, y compris communales, niveau de pouvoir qui n’a pourtant rien à voir avec la scène internationale. Lorsqu’on propose un programme pour supprimer Good Move, davantage de sécurité et de propreté, et que la réponse machinale est « Vous soutenez Israël », il y a un gros problème. Et tant pis pour les besoins du quotidien. Le brainwashing a été très puissant, le sens du discernement largement écarté. En parallèle, la guerre faisait rage dans l’est du Congo, écocide en prime, en Somalie, au Soudan, au Nigéria où les Chrétiens se font massacrer par des groupes islamistes. Pour eux, où étaient les défenseurs des droits de l’homme tant engagés pour Gaza ? De manière flagrante, il y a deux poids deux mesures dans la tête de certains. C’est triste à dire, les conflits africains rapportent trop peu électoralement, Gaza ne fut ni plus ni moins qu’un jackpot à voix. Comme s’il y avait une catégorisation de l’horreur. On a tout mélangé, sans dissocier Israël, sionisme, religion juive, etc. La propagande a fait le reste, conduisant aux mêmes comportements violents développés par ces nazis auxquels les libéraux sont parfois comparés. Pourtant, ce ne sont pas les libéraux qui cassent, qui brûlent l’effigie d’un président de parti, qui appellent à la haine, qui excitent les peurs. Le libéralisme est avant tout une idéologie foncièrement prodémocratie, aux antipodes des régimes sombres cités plus haut. Le MR combat ses adversaires politiques par des paroles, des débats, jamais par la violence ou la caricature. Il est en revanche l’un des seuls du paysage politique belge à s’investir dans la protection du peuple iranien, victime d’un régime féroce qui n’hésite pas à tirer à balles réelles sur des manifestants, à les condamner à mort arbitrairement. Là aussi, les libéraux seront du bon côté de l’histoire. Le monde a regardé silencieusement, sans agir, un peuple épris de liberté se faire massacrer. Combien de temps, les démocraties donneuses de leçons vont-elles encore tolérer l’intolérable ?
Revenons à l’intérieur de nos frontières. La gauche a dirigé le pays et Bruxelles pendant des décennies, avec le résultat que l’on connaît. Notre capitale ne s’est jamais aussi mal portée (les faillites s’enchaînent, l’insalubrité est en hausse, l’insécurité en rue et dans les transports en commun est à son paroxysme, pour ne citer que quelques exemples). Devenu indéfendable par des politiciens déconnectés de la réalité, il devenait urgent d’éluder le bilan par des théories fabriquées de toutes pièces. La diabolisation d’un parti politique est une stratégie connue, efficace jusqu’à un certain point. Qu’on le veuille ou non, le MR a gagné les élections. Et cela n’a pas plu au PS, qui pense que Bruxelles lui appartient. Alors est arrivée la prochaine étape : le pourrissement. Rester coûte que coûte en affaires courantes, quitte à conduire Bruxelles à la faillite, en privant les gagnants de leur victoire. Les partis de gauche se sont empressés de faire porter le chapeau aux libéraux, malgré l’évidence. Avec un espoir désormais clair : tenir jusqu’en 2029 après avoir sali le MR pendant cinq ans. Celles et ceux qui catégorisent le MR à l’extrême droite refusent l’avis de l’électeur. Dit vulgairement, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. C’est lunaire, irresponsable. Si combattre le court-termisme, le communautarisme, l’obscurantisme, l’immobilité est susceptible de nous attirer les pires insultes, la haine, alors il faut continuer, il ne faut pas avoir peur de déranger. Se taire n’est pas une option. Quand Bruxelles sera à genoux (on en est proches) les seuls qui pourront encore se regarder dans un miroir seront les libéraux. On les aura tournés en dérision, traînés dans la boue, tout en connaissant les vrais responsables.
Quant aux nazis, aucun doute qu’ils n’ont jamais été les bienvenus.
Geoffrey Van Hecke, Chef de file du MR à Berchem-Saint-Agathe
(Photo Belga Dirk Waem : un manifestant devant le siège du MR, 27 janvier 2025)