Le mot est fort, le geste inédit. Pour la première fois, les policiers ne se contentent plus d’alerter le pouvoir politique ou de dénoncer leurs conditions de travail dans l’entre-soi syndical. Le 31 janvier prochain, ils appellent explicitement les citoyens à descendre dans la rue avec eux. À Paris comme dans plus de vingt villes de province, des marches dites « citoyennes » réuniront policiers, élus locaux, associations de victimes et habitants ordinaires autour du mot d’ordre que l’insécurité progresse dangereusement, que l’État recule, et que la police n’a plus les moyens d’assumer sa mission.
Le communiqué publié par le syndicat Alliance Police Nationale donne le ton : « Pendant que la criminalité s’organise, se structure et se radicalise, l’État recule. » Derrière cette formule il y a une colère profonde, diffuse, mais désormais assumée publiquement, nourrie par l’accumulation de dysfonctionnements matériels, juridiques et humains, mais aussi par le sentiment d’un abandon politique durable.
Une mobilisation sans précédent
Samedi 31 janvier à 11 heures, les policiers défileront à Paris, de la Bastille à la Nation. Des rassemblements sont également annoncés à Lille, Arras, Marseille, Nice, Ajaccio, Lyon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Dijon, Bordeaux, Pau, La Rochelle, Toulouse, Perpignan, Nîmes, Rouen, Nantes, Rennes, Orléans, Reims, Strasbourg, Metz et en outre-mer. À Metz, le cortège partira de la place d’Armes pour rejoindre l’Hôtel de police. À Lyon, le rendez-vous est fixé place Maréchal-Lyautey. À Nîmes, le rassemblement se tiendra devant la préfecture, le jour même où l’État doit publier son budget etc.
Le caractère exceptionnel de cette mobilisation tient moins à son ampleur qu’à son intention. Les syndicats policiers, rejoints par des organisations de commissaires et d’agents du ministère de l’Intérieur, invitent explicitement la population à manifester à leurs côtés. Le message clair est que la sécurité n’est plus une revendication corporatiste, mais un enjeu civique.
« Les citoyens subissent l’insécurité. Les policiers subissent l’impuissance publique. Les victimes sont oubliées », résume Alliance dans son communiqué. Une phrase qui revient dans la bouche de nombreux responsables syndicaux interrogés ces derniers jours, de la Moselle au Rhône, du Gard à l’Île-de-France.
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