Le gouvernement flamand paie très cher ses actions dans l’aéroport de Bruxelles
Publié par Lode Goukens
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Sommaire
- Une opération saluée par les nationalistes flamands…
- … mais critiquée pour son coût et ses risques budgétaires
- Une valorisation très généreuse
- La Flandre devient à la fois actionnaire et régulatrice
- Une acquisition idéologique ?
- Un symbole politique plus qu’un choix économique ?
- Vande Reyde conclut sans détour :
Après l’annonce de l’achat par la Flandre des actions détenues par le fonds de pension des enseignants de l’Ontario dans Brussels Airport, l’euphorie des premiers jours laisse place à des interrogations sur le prix versé. La Flandre paie en effet 24 fois le cashflow (EBITDA) du gestionnaire aéroportuaire, une valorisation jugée excessive par de nombreux analystes.
Une opération saluée par les nationalistes flamands…
Le 13 juin, le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) annonce que la Flandre rachète les parts de l’Ontario Teachers' Pension Plan, devenant ainsi actionnaire majoritaire de l’aéroport de Zaventem. Les réactions enthousiastes affluent immédiatement de la N-VA, mais aussi de personnalités du Vlaams Belang. La presse flamande soutient l’opération, relayant l’idée que l’aéroport est un moteur économique (8,8 milliards d’euros de contribution au PIB, 64.000 emplois) et que cette acquisition s’apparente à une politique industrielle comparable aux investissements dans les ports.
… mais critiquée pour son coût et ses risques budgétaires
Les critiques mettent du temps à émerger, surtout côté flamand. Quelques interrogations apparaissent sur les réseaux sociaux quant au prix de 2,77 milliards d’euros déboursés par la Flandre via la société publique Participatiemaatschappij Vlaanderen (PMV). Mais c’est surtout le libéral indépendant Maurits Vande Reyde qui lance la première salve argumentée contre l’opération. Selon lui, cette décision constitue à la fois une mauvaise politique budgétaire et un très mauvais choix économique.
Il explique que, même si l’achat d’actions ne creuse pas directement le déficit (car il s'agit d'un investissement et non d'une dépense courante), la dette flamande augmente de facto de 2,77 milliards, ce qui alourdira fortement les charges d’intérêt dans les années à venir. La Flandre prévoit un boom des dividendes à partir de 2028, mais rien ne garantit qu’ils compenseront le coût de la dette. Selon Vande Reyde, les intérêts à payer pourraient grimper de 1 à 1,6 milliard d’euros par an d’ici 2029.
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