Climat : le dernier rapport du ministère américain de l’Énergie soulève des contestations chez de nombreux experts
Publié par L.M.
Le ministère américain de l’Énergie vient de publier un rapport qui relativise certaines conclusions du GIEC. Des climatologues estiment que ces travaux contiennent des données inexactes et partiales.
Plusieurs climatologues de renom accusent le ministère américain de l’Énergie d’avoir déformé leurs recherches dans un rapport publié ce 29 juillet. Ce document contient des éléments qui ont permis de remettre en cause une décision de 2009 encadrant les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, un revirement majeur de l’administration Trump sur la régulation climatique. Pour certains chercheurs, les conclusions du rapport minimisent à tort l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique.
Selon les scientifiques cités, le document contient des erreurs factuelles, des citations inexactes et des interprétations biaisées. Parmi d’autres, le climatologue britannique Benjamin Santer, qui a notamment dénoncé à l’AFP une déformation complète de ses travaux, en particulier sur le refroidissement de la stratosphère.
Un rapport aux conclusions qui dérangent
Ce 29 juillet, le DOE (ministère de l’Énergie) a donc publié un rapport de 151 pages intitulé : A Critical Review of Impacts of Greenhouse Gas Emissions on the U.S. Climate. Il est élaboré par un groupe de scientifiques présentés comme indépendants. La lecture de leurs noms permet de comprendre qu’ils ne font pas partie des experts admis dans les panels habituels. John Christy et Judith Curry ont en effet été associés, par le passé, aux travaux du Heartland Institute. Quant à Steven Koonin, ancien conseiller d’Obama, il a défrayé la chronique avec son livre Unsettled, qui soulève les parts d'incertitude subsistant dans notre compréhension des phénomènes climatiques.
Rien d’anormal donc à voir ce rapport accoucher de deux conclusions qui bousculent le consensus en cours :
- Le réchauffement climatique induit par le CO2 semble être moins dommageable économiquement qu’on le croit généralement. En outre, des politiques d’atténuation agressives pourraient s’avérer plus néfastes que bénéfiques.
- La fréquence et l’intensité des ouragans, tornades, inondations et sécheresses ne sont pas étayées par les données historiques américaines.
Face aux critiques émises, un porte-parole du ministère de l'Énergie a assuré que le rapport avait été relu par un comité interne composé de scientifiques et de spécialistes en politique publique. Comme stipulé sur la page d’accueil, le document est ouvert aux commentaires du public avant sa publication définitive au registre fédéral.
L.M.
(Photo : vues du Golfe Saint-Laurent depuis la station spatiale internationale)