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L’aveuglement savant : quand l’université confond critique et complaisance

par Harrison du Bus
Photos Belgaimage


L’enthousiasme d’une partie de l’intelligentsia française pour la révolution iranienne de 1979 n’appartient pas seulement à l’histoire des illusions politiques. Il révèle un rapport défaillant au réel, une confusion persistante entre posture morale et responsabilité intellectuelle, dont l’université contemporaine peine encore à se départir. En revenant sur cet épisode, documenté notamment par Le Point, c’est moins un procès rétrospectif que l’examen d’un univers mental qui s’impose.

Le 11 février 1979, l’ayatollah Khamenei prend le pouvoir à Téhéran. Très vite, la République islamique d’Iran s’impose comme une théocratie autoritaire, fondée sur la charia, la répression des opposants, l’écrasement des femmes et l’éradication de toute dissidence. Rien, a posteriori, ne permet de soutenir que cette trajectoire aurait été imprévisible.

Et pourtant, au moment même où se met en place ce régime, une partie significative des intellectuels occidentaux, en particulier français, choisit d’y voir autre chose : une révolte des dominés, une insurrection spirituelle contre l’Occident marchand, un sursaut des périphéries contre l’ordre mondial. Ce n’est pas l’Iran réel qui est alors observé, mais un Iran reconstruit, projeté, idéalisé.

Ce décalage n’est pas marginal. Il traverse les tribunes, les reportages, les voyages, les déclarations publiques. Il s’enracine dans un réflexe ancien : considérer que tout ce qui s’oppose à l’Occident libéral porte nécessairement une charge émancipatrice. La réalité sociale, religieuse et politique des sociétés concernées devient secondaire, presque accessoire.

Foucault, Sartre et la tentation de l’exception

Le cas de Michel Foucault est à cet égard exemplaire. Philosophe majeur, analyste rigoureux des dispositifs de pouvoir, il se laisse pourtant séduire, à l’automne 1978, par ce qu’il décrit comme une « insurrection contre les systèmes planétaires ». Dans ses articles pour la presse italienne, il célèbre une révolte « aux mains nues », y voyant la forme la plus moderne et la plus radicale de contestation.

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