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Refondation, ambitions, alliances : le grand flou stratégique du PS

par Demetrio Scagliola
Photo Belgaimage

Au lendemain de la double claque électorale de 2024, le Parti socialiste a lancé un vaste processus de « refondation », présenté comme indispensable après l’effondrement du score aux législatives et le recul historique face au MR, en Wallonie comme à Bruxelles. À l’époque, le diagnostic semblait partagé : campagne ratée, message brouillé, obsession de Georges-Louis Bouchez, suivisme idéologique face au PTB, perte de crédibilité sur le terrain socio-économique, bilan gouvernemental faible et mal « vendu ». Le parti était sonné, les militants en colère, les cadres fébriles. Dans ce contexte, la refondation apparaissait à la fois comme une nécessité politique et comme une réponse organisationnelle d’urgence, destinée à canaliser la contestation interne et à éviter une mise en accusation frontale de la direction.

Un an plus tard, la question se pose pourtant avec une acuité nouvelle : cette refondation est-elle toujours nécessaire ? Ou n’a-t-elle été, au fond, qu’un paravent destiné à masquer la profondeur de la crise, à gagner du temps et à préserver le leadership de Paul Magnette (photo) dans un moment de grande fragilité ?

Car le contexte a changé. Le PS a repris des couleurs dans les sondages. En Wallonie, il est à nouveau en tête, bien devant le MR. À Bruxelles, où le parti avait  limité la casse, il est au coude à cude avec le PTB. Cette remontée ne doit pas tant à une révolution idéologique qu’à un effet de contexte : usure rapide de la coalition Arizona, réformes socialement sensibles annoncées dès le début de législature, crispations autour du pouvoir d’achat, des pensions  et de la fin des allocations de chômage illimitées. Autrement dit, le PS bénéficie davantage du climat politique que des fruits visibles de sa refondation. Et c’est précisément ce retour en grâce relatif qui fragilise aujourd’hui le processus censé refonder le parti.

Changer de nom : la fausse bonne idée…

À mesure que les chiffres remontent, la tentation est grande de refermer la boîte de Pandore. Pourquoi changer ce qui semble fonctionner à nouveau ? Pourquoi prendre le risque d’un changement de nom, d’un nouveau logo, d’une clarification idéologique tranchée, alors que la marque PS reste puissante et identifiable, indépendamment de son niveau de popularité ? À l’automne 2024, l’idée d’abandonner le sigle et le nom « PS » avait pourtant été sérieusement évoquée. Des noms avaient circulé, des pistes graphiques aussi. Aujourd’hui, ces hypothèses semblent rangées au placard. Trop risquées, trop clivantes, trop inutiles à court terme.

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