Le Portugal s’apprête à vivre, ce dimanche, une élection présidentielle sans précédent depuis près de quarante ans. Pour la première fois depuis 1986, un second tour apparaît non seulement probable, mais presque inévitable. Plus encore, la campagne a basculé autour d’un fait politique majeur : la percée du parti souverainiste Chega, désormais en tête des intentions de vote au premier tour, selon plusieurs sondages concordants.
Cette dynamique marque une rupture profonde avec l’exception portugaise qui pendant des décennies avait tenu le pays à l’écart des poussées populistes et identitaires observées ailleurs en Europe. Depuis la Révolution des Œillets de 1974, le système politique reposait sur une alternance relativement stable entre le Parti socialiste (PS) et le Parti social-démocrate (PSD), adossée à un consensus implicite sur les limites du débat public. Ce cadre vole aujourd’hui en éclats.
Une fragmentation électorale inédite
Selon le dernier sondage de l’Université catholique de Lisbonne, le leader de Chega, André Ventura (photo), obtiendrait environ 24 % des voix au premier tour. Il est talonné par le candidat socialiste António José Seguro, crédité de 23 %. Derrière eux, le libéral João Cotrim de Figueiredo (Initiative libérale) se maintient à un niveau élevé, tandis que plusieurs figures issues de l’establishment ou du monde militaire se disputent les places restantes.
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