Accueil » « Ici, on est en Belgique, pas en Afrique » : vives tensions au conseil communal de Molenbeek

« Ici, on est en Belgique, pas en Afrique » : vives tensions au conseil communal de Molenbeek

par Rédaction
Photo Belgaimage

Le premier conseil communal de l’année à Molenbeek-Saint-Jean s’est déroulé sous haute tension, mercredi soir. Une intervention du conseiller indépendant Jamal Azaoum, ancien membre du PS, a provoqué une vive indignation au sein de l’assemblée et pourrait déboucher sur une plainte.

L’incident est survenu à la suite d’une remarque de l’élue libérale Gloria Garcia Fernandez (MR), qui dénonçait l’absence de traduction en français ou en néerlandais de certains points figurant à l’ordre du jour. Elle a également mis en cause la secrétaire communale, évoquant ses émoluments et un manque de diligence dans l’organisation des documents.

Alors que son micro était coupé, Jamal Azaoum a lancé la phrase : « Ici, on est en Belgique, pas en Afrique », suffisamment fort pour être entendue par plusieurs élus. La réaction a été immédiate. Cloë Machuelle, conseillère du PTB, s’est dite « choquée » et a dénoncé des propos « inacceptables » dans l’enceinte du conseil communal. Le conseiller indépendant a d’abord tenté de relativiser, avant de maintenir ses propos, ce qui a accentué la tension.

Séance suspendue et condamnation unanime

La situation s’est envenimée lorsque l’échevin Oumar Diallo (PTB) est intervenu vivement, entraînant la suspension de la séance pendant près d’une heure. À la reprise des débats, Jamal Azaoum avait quitté la salle.

Le président du conseil communal, Hassan Rahali (PS-Vooruit), a fermement condamné l’intervention du conseiller indépendant, évoquant des propos « discriminatoires et racistes » incompatibles avec les valeurs défendues par l’institution. Il a indiqué que la commune envisageait de déposer une plainte et a demandé que les propos soient consignés officiellement au procès-verbal.

Oumar Diallo a, pour sa part, rappelé l’importance de condamner sans ambiguïté toute forme de discrimination. Plusieurs élus ont également exprimé leur soutien à la secrétaire communale, estimant qu’elle avait été attaquée de manière injustifiée.

Cet épisode relance le débat sur le climat politique parfois électrique au sein du conseil communal molenbeekois et sur les instruments juridiques dont disposent les communes pour réagir face à des propos jugés discriminatoires.

La Rédaction

(Photo Belgaimage)

You may also like

Êtes-vous sûr de vouloir débloquer cet article ?
Déblocages restants : 0
Êtes-vous sûr de vouloir annuler l'abonnement ?