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Les conversations secrètes entre politiques et journalistes : « Je vais vous détruire, toi et ton média… »

par Demetrio Scagliola

« Je vais vous détruire, toi et ton média de m… aussi. » Cette phrase n’est pas sortie de l’imagination d’un scénariste hollywoodien, mais de la bouche d’un président de parti francophone. Elle n’est malheureusement pas un cas isolé et illustre à merveille les relations tendues, parfois très brutales, entre les rédactions et les hommes et femmes de pouvoir. Les outrances de l’affaire GLB-RTBF sur la carte PMR ne sont malheureusement pas un cas isolé. La grande différence entre le feuilleton médiatique de l’été et de nombreuses autres conversations violentes subies pendant des années ? La première a été enregistrée et… diffusée au grand public.

On vous dévoile, à travers des conversations réelles, l’envers d’un décor pas toujours reluisant qui tient plus de la loi de la jungle que du protocole de Wimbledon…

Quand on occupe la fonction de journaliste politique et/ou de rédacteur en chef, les relations avec les présidents de parti, les ministres, députés ou bourgmestres sont fréquentes, quotidiennes. Le plus souvent, il s’agit pour le journaliste comme pour le politique de créer les conditions d’une sorte de « collaboration » fructueuse, de pacte vertueux où chacun tente de privilégier ses propres intérêts : le politique vous appelle pour vous donner du « off » (les coulisses d’une décision ou d’un incident en mode anonyme afin de vous fournir de la matière en l’orientant en sa faveur), pour « casser » un adversaire ou parfois un membre de son parti, pour vous donner un scoop ou une interview.

Généralement, c’est le porte-parole qui annonce la couleur : « Il t’appellera vers 15 h pour te donner du off, ok ? ». Mais de plus en plus souvent, les services de presse sont contournés par les journalistes et par les politiques, qui se contactent directement par message, WhatsApp et bien entendu par téléphone. Histoire de gagner du temps.

Un jeu dangereux qui peut dégénérer

Pour le journaliste, c’est du pain bénit : il a de la matière de qualité en primeur, des détails croustillants et uniques qui enrichiront son récit. Comme le politique, il crée une relation personnelle, un réseau, qui pourra être utile sur bien d’autres dossiers, notamment lors de crises ou de grands faits d’actualité. Pour le journaliste toutefois, il s’agit d’un jeu risqué qu’il convient de baliser sérieusement en adoptant des réflexes salvateurs : toujours recouper les infos auprès d’autres sources, décliner certaines propositions, conserver la maîtrise de sa ligne éditoriale, de son agenda et surtout de sa liberté de choix ; multiplier les contacts avec le plus d’élus et de partis possibles pour créer un équilibre ; garder ses distances et marquer clairement son indépendance. Quand tout se passe bien, cela permet à chacun d’exister et de jouer son rôle dans le monde médiatique.

Le problème, c’est que tôt ou tard, un incident surviendra et provoquera une réaction plus ou moins virulente du politique. Parce que le sujet ne lui plaît pas, qu’il donne de lui une mauvaise image, qu’il met en avant un rival ou un adversaire, qu’il lui semble déséquilibré, qu’il contrarie son propre agenda de communication ou, cela arrive parfois, quand l’article contient des erreurs.

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