Accueil » Promotion Rima Hassan maintenue à l’ULB : « Ils auront le déshonneur et la guerre » – Opinion

Promotion Rima Hassan maintenue à l’ULB : « Ils auront le déshonneur et la guerre » – Opinion

par Nicolas de Pape

En octobre 1938, après les accords de Munich conclus avec Hitler, Winston Churchill fustigeait Neville Chamberlain et Édouard Daladier devant les Communes : « Ils avaient le choix entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur. Ils auront la guerre. »

Cette phrase résonne encore aujourd’hui. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la politique internationale d’hier, mais l’attitude des élites académiques face à l’insupportable. En acceptant que Rima Hassan devienne marraine de la promotion 2025 en droit et criminologie, l’ULB – qui ne représente ici pas l’ensemble de son corps professoral, loin s’en faut – illustre ce même réflexe : celui du recul, de la complaisance, du renoncement.

Or l’histoire du 20e siècle et de ses totalitarismes enseigne que le ver s’installe souvent dans le fruit académique avant de contaminer la société entière. Nombreux sont les universitaires à s’être compromis avec diverses dictatures.

Qui est donc cette universitaire franco-palestinienne, master en droit international public à l’Université Panthéon‑Sorbonne (Paris I) à laquelle l’ULB offre une tribune honorifique ? On l’a déjà dit ici à plusieurs reprises : Née fille d’un mécanicien de l’armée syrienne de Bachar al-Assad, Rima Hassan s’est rendue en 2024, porteuse, dit-elle, d’un passeport palestinien, dans une zone interdite aux étrangers, réservée aux affidés du régime avec forcément sa bénédiction. Elle vante la Syrie comme un havre pour les Palestiniens lors d’une série de “cartes postales” en mars 2024 dans le camp de réfugiés palestiniens de Neirab alors que le régime menait sur eux une politique de répression – comme le rappelle le réfugié franco-syrien Omar Youssef Souleimane – avant de saluer un peu tard la chute de Bachar el-Assad. Proximité avec le pouvoir algérien ? Au Parlement européen, elle a voté contre la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Bien que députée européenne, elle a tressé des lauriers au régime d’Alger, louant la liberté qui y règne (« La Mecque des révolutionnaires et de la Liberté est et restera l’Algérie alors que Tel Aviv est est la capitale d’un régime fasciste et d’un État d’apartheid») dans un contexte de contentieux fort avec son pays, la France.

Ses slogans disent le reste. Elle reprend le fameux « From the river to the sea », qui implique la disparition d’Israël, autrement dit l’idée d’un génocide contemporain même si elle se garde bien d’évoquer cette perspective. Elle recycle des clichés antisémites usés : la prétendue mainmise juive sur la politique (étrangère) de la France lorsqu’elle tweete “à la demande du CRIF” parce que le ministre Stéphane Séjourné demande à la CPI de sortir de l’équivalence entre le Hamas et Israël. Elle considère le Hamas comme une force de résistance bien qu’elle condamne les prises d’otage et refuse toujours de qualifier de terroristes les auteurs du pogrom du 7 octobre 2023.

Cette radicalité l’a déjà placée dans le collimateur de la justice : plusieurs enquêtes sont en cours, notamment pour apologie du terrorisme (elle bénéficie de la présomption d’innocence). Elle a menacé l’eurodéputé François-Xavier Bellamy et s’est vue reprocher par l’imam Chalghoumi d’avoir lancé une fatwa sur lui.

Les étudiants de droit de l’ULB ont accordé à cette égérie une majorité relative : 42 % des voix exprimées, soit à peine un cinquième de la promotion totale. Les abstentionnistes, eux, n’ont que leurs regrets. Pourtant, d’autres choix, sans doute moins sexy, étaient possibles : un intellectuel palestinien comme Edward Saïd, ou une militante des droits de l’homme palestinienne irréprochable, aurait incarné une dignité incontestable et montré de l’empathie pour la situation dramatique à Gaza.

D’ailleurs, l’ULB tente de minimiser : « Ce nom symbolique (sic) n’engage ni le Conseil facultaire, ni la Faculté de Droit et de Criminologie, ni l’Université. Il ne figurera pas dans les documents officiels. » Mais le mal est fait. En refusant de désavouer le choix des étudiants, l’université entérine une dérive qui entache durablement son image.

Déjà, le malaise est tel que le Conseil facultaire promet pour 2026 de nouvelles règles afin de « définir un cadre clair et transparent » pour le choix des parrains de promotion. Aveu implicite que la démocratie étudiante, livrée à l’activisme radical, mène dans le mur.

Quant aux éditorialistes, professeurs à l’ULB et intellectuels qui pensent comme moi, nous ne sommes que les greffiers de l’histoire, constatant un nouveau pallier dans l’effondrement intellectuel de la Belgique.

Nicolas de Pape

(Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

You may also like

21News est un média belge francophone qui promeut la liberté, l’entrepreneuriat et la pluralité d’opinions.

Sélections de la rédaction

Derniers articles

Êtes-vous sûr de vouloir débloquer cet article ?
Déblocages restants : 0
Êtes-vous sûr de vouloir annuler l'abonnement ?