Serge Litvine : « Certains partis dédaignent le commerce de qualité. Cela ne fait pas partie de leur électorat »
Publié par Maxence Dozin
Le restaurateur Serge Litvine, propriétaire notamment de « La Villa Lorraine », est à la tête d’un groupe réunissant une dizaine d’établissements et de projets. Il se désole de l’évolution de la ville et d'une situation politique qu’il juge « lamentable ». Entretien.
21News : Parlons d'abord du secteur de l’horeca bruxellois, que vous connaissez comme peu. Comment le voyez-vous évoluer à moyen ou long terme ?
Serge Litvine : Moi qui suis de nature optimiste, je suis plutôt pessimiste. Pour plusieurs raisons : il y a bien sûr la situation politique de la ville-région, qui n’a toujours pas de gouvernement. Il y a par ailleurs la situation en termes de mobilité, qui continue de s’aggraver, puisque Bruxelles-mobilité continue d’empirer – passez-moi l’expression – les choses, en supprimant notamment des parkings, en mettant des sens uniques un peu partout. Je pense qu’on est littéralement en train d’« enfermer Bruxelles », et que les gens de province, que cela soit des clients d’Anvers, de Gand, de Courtrai, ne viennent plus. En tout cas très difficilement et moins fréquemment.
Des charges trop élevées, une clientèle moins dépensière
Le second problème, c’est que, passé la joie de la fin de la pandémie, les gens ont pris d’autres habitudes, et ceux qui peuvent se le permettre partent de plus en plus souvent en vacances. Passé cela, l’horeca bruxellois présente un problème de taille : il y a trop d’offre, et cela s’amplifie. L’offre augmente alors que la demande, elle, diminue.
Troisièmement, les charges d’indexation ont fait extrêmement mal au secteur. Le coût du travail reste anormalement élevé. Le coût de l’énergie a aussi augmenté. Quant aux matières premières, elles ont également extrêmement augmenté. Alors si l’on additionne l’ensemble de ces augmentations, cela donne une situation presque intenable pour tous les acteurs du secteur, sauf le fast-food, qui continue de proliférer, un peu partout.
« Les écolos veulent transformer Bruxelles en piste cyclable et en village. Mais non ! »
Quant aux piétonniers... Moi je n’ai rien contre les piétonniers, s’ils sont bien tenus, mais les deux plus grands piétonniers de la capitale – Anspach et la chaussée d’Ixelles –, il y a certes beaucoup de monde, comme le soutiennent certains politiciens, mais il s’agit d’un nivellement par le bas. On n'y croise plus que des fast-food et des magasins de chaîne, et le commerce traditionnel de qualité a disparu, qui constituait autrefois la base d’une ville bien tenue.
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