350 millions d’euros, un marché étouffé : pourquoi une commission d’enquête sur la RTBF s’impose (Édito)
Publié par Harrison du Bus
Avec près de 350 millions d’euros de subsides publics par an, tous canaux et missions confondus, la RTBF domine sans partage le paysage audiovisuel francophone. Cette réalité pose une question simple mais essentielle : peut-on encore parler de pluralisme médiatique lorsque l’acteur principal bénéficie d’un financement public massif, tandis que les autres sont condamnés à survivre — ou à disparaître — sans aucun soutien comparable ?
La proposition de Georges-Louis Bouchez de mettre en place une commission d’enquête parlementaire sur la RTBF est donc pleinement justifiée. Elle touche au cœur d’un problème que plus personne ne peut honnêtement nier : le marché médiatique francophone belge est trop petit pour supporter une concurrence prétendument « libre » face à un mastodonte structurellement subventionné.
Un marché faussé par une domination publique
Le cas de LN24 est emblématique. Chaîne d’information en continu, lancée avec l’ambition d’offrir une alternative éditoriale et de renforcer le pluralisme, LN24 se trouve aujourd’hui en grande difficulté financière. Non par manque de professionnalisme ou d’utilité démocratique, mais parce qu’il est économiquement quasi impossible de faire vivre une chaîne d’information 24h/24 sur un marché aussi restreint, sans aucun subside public, face à une RTBF omniprésente et largement financée par l’État.
La situation est d’autant plus paradoxale que, d’un côté, le média public occupe tous les segments — information, décryptage, divertissement, numérique, réseaux sociaux — tout en proposant relativement peu d’émissions de débat contradictoire, et que, de l’autre, des acteurs privés comme LN24 investissent précisément dans le débat, le pluralisme et le direct, mais doivent assumer seuls l’intégralité de leurs coûts dans un marché publicitaire étroit, marqué par une audience fragmentée et une pression constante à la rentabilité immédiate.
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