Voici quelques semaines, dans une interview à 21News, Marie-Christine Marghem (MR-MCC) avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur les lenteurs du gouvernement en matière de politique nucléaire. Aujourd’hui, alors que les critiques et la pression politique se font maximales sur le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet (MR), la bourgmestre de Tournai et ancienne ministre de l’Énergie enfonce le clou.
Avec un groupe d’experts, elle continue de suivre de très près un dossier qu’elle juge vital pour l’avenir du pays. Pour elle, le risque est clair : pénurie d’électricité, explosion des coûts et perte de souveraineté énergétique, tout en aggravant les émissions de CO2 et en sacrifiant le pilotage indispensable à la stabilité du réseau.
Sa recette est tout aussi limpide : travailler à plein régime sur le dossier nucléaire — ce qui n’est pas le cas aujourd’hui selon elle —, faire entrer le Premier ministre dans la négociation et utiliser tous les leviers pour éviter le démantèlement de Tihange 1 (photo).
21News : Avez-vous le sentiment que la Belgique est en train de rater, une fois de plus, son tournant nucléaire ?
Marie-Christine Marghem : Oui, j’ai de grandes craintes que ce soit le cas. Le gouvernement est installé depuis un an et on ne voit toujours rien de concret. Or, historiquement, dans ce pays, les grandes orientations énergétiques étaient prises rapidement après l’installation d’un exécutif.
Lorsque j’étais ministre, quelques mois après l’entrée en fonction du gouvernement, nous avions déjà décidé de prolonger des réacteurs. L’orientation était claire. Pendant cette législature-là, les sept réacteurs ont été remis en activité parce que c’était indispensable pour la sécurité d’approvisionnement.
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