Marcel Gauchet : « Les États-nations reviennent en première ligne, à commencer par l’État-nation américain »
Publié par A.G.
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Dans un long entretien accordé au Point, le philosophe Marcel Gauchet dresse un diagnostic réaliste de notre époque. Les démocraties occidentales vivent, selon lui, l’épuisement d’un cycle idéologique entamé il y a un demi-siècle. Donald Trump incarne le retour explicite de la logique nationale et oblige les autres puissances à se penser de la même manière. La mondialisation, fondée sur le dépassement des États-nations, arrive à ses limites. Les États reviennent en première ligne, à commencer par l’État-nation américain.
Contrairement à une idée largement répandue, l’idéologie n’a pas quitté la scène politique. Dans Le Point, Marcel Gauchet récuse l’idée d’un monde gouverné par le seul pragmatisme ou par des opinions volatiles. L’idéologie agit toujours, explique-t-il, mais de manière plus diffuse, plus souterraine. Elle oriente les comportements politiques, parfois même à l’insu de ceux qui prétendent s’en affranchir.
« La prétention d’échapper à l’idéologie au nom du pragmatisme est encore guidée par une vision idéologique qui s’ignore. »
Pour Gauchet, ce malentendu vient d’une confusion persistante entre idéologie et idéologies totalitaires. Ces dernières ont bien disparu, avec leur prétention à détenir scientifiquement le sens de l’Histoire. Mais l’idéologie, au sens large, demeure indépassable : elle structure les représentations collectives et façonne les décisions politiques, même lorsque celles-ci semblent contradictoires avec les traditions partisanes.
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