La fin de Good Move : quand l’urbanisme reprend sa place face à la mobilité (Carte blanche)
Elke Van den Brandt (Groen) garde la mobilité dans ses compétences, ce qui fait grincer de nombreuses dents, mais son pouvoir sera dorénavant encadré. Une carte blanche d’Alain Schenkels, dirigeant d’entreprise.
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Résumé de l'article
Bruxelles : la dissociation des compétences de mobilité et d'urbanisme au sein du nouveau gouvernement devrait signer la fin de la paralysie "Good Move".
Le nouvel accord de majorité bruxellois (MR, PS, Les Engagés, Groen, Vooruit, Anders et CD&V) redistribue les cartes. Bien que la mobilité reste entre les mains de Groen, ce qui change la donne, c’est l’attribution de l'Urbanisme, du Développement territorial et de la Propreté publique à la secrétaire d'État Audrey Henry (MR).
Tout aménagement ou modification significative de la mobilité – comme le rééquilibrage de l'espace public (ajout de pistes cyclables, de zones piétonnes et rétrécissements de voirie) – requerra désormais l’accord préalable de la secrétaire d'État, actant de fait la fin du Plan Good Move tel qu'il était administré auparavant.
Fini, les expérimentations idéologiques qui asphyxiaient la ville.
Compétences d'Elke Van den Brandt
Groen conserve la Mobilité, les travaux publics et la sécurité routière, lui permettant des actions autonomes limitées telles que l’entretien des routes, des ponts, des tunnels et des infrastructures existantes dans le cadre de la sécurité et de la résilience climatique. Elle gère aussi les interventions rapides pour sécuriser les rues (signalisation mineure, réparations), la coordination des chantiers via Bruxelles Mobilité ou encore les orientations stratégiques pour une mobilité durable. En revanche, elle ne peut décider seule de modifier les tracés urbains, par exemple lors de l’installation de nouvelles pistes cyclables, ou de supprimer des places de stationnement.
La fin de Good Move est bien actée
En effet, la modification des tracés de rues, l’implantation de nouveaux bâtiments ou le réaménagement de l'espace public ne pourra se faire qu’avec l’accord de l’Urbanisme ou après une concertation interministérielle.
Cette dissociation Mobilité/Urbanisme – à la différence du précédent gouvernement où Groen et Écolo dirigeaient les deux – restreint fortement la marge de manœuvre de Groen ; de façon assez semblable au niveau communal où la mobilité dépend de l'urbanisme pour tout changement visible, l’ajout d’un simple panneau nécessitant, par exemple, un permis. En pratique, cela freine les ambitions « révolutionnaires » de Good Move au profit d'une approche plus équilibrée et contrôlée.
Une ère nouvelle pour Bruxelles
Fini, les expérimentations idéologiques qui asphyxiaient la ville. Le nouveau gouvernement a pour ambition de tout mettre en œuvre pour redonner fluidité et souffle aux Bruxellois, mettant fin à cette utopie écologique punitive. Les bouchons qui excèdent les riverains, les commerçants et les PME, les retards que subissent les services de secours dans leurs interventions vitales et les blocs de béton seront bientôt du passé. La priorité du nouveau gouvernement ce sont des axes ouverts, une circulation fluide, en tenant compte des impératifs climatiques. Un projet ambitieux qui donne de l’espoir à la capitale de l’Europe, ses riverains, mais aussi à ses entreprises, poumon économique de toute la région.