Le modèle Sánchez que Magnette brandit… et qui périclite en Espagne
Alors que Paul Magnette continue d’ériger l’Espagne de Pedro Sánchez en horizon politique pour la gauche belge, le camp socialiste vient d’essuyer une nouvelle déconvenue électorale. En Aragon, le PSOE a subi une nette défaite face au Parti populaire, tandis que Vox confirme sa progression et s’impose, une fois encore, comme acteur incontournable de toute majorité régionale. Un revers de plus dans une séquence qui, loin de consacrer un « modèle », révèle plutôt l’usure d’un cycle.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La déroute du camp socialiste en Aragon et la progression de Vox fragilisent le récit d’un « modèle espagnol » présenté comme référence par Paul Magnette. Si la croissance et l’emploi ibériques reposent sur des dynamiques réelles, elles s’appuient aussi sur des ressorts difficiles à transposer en Belgique, notamment la migration massive et la flexibilité du marché du travail. Entre succès économiques partiels et retournement politique, l’exemple espagnol apparaît moins comme une boussole que comme une expérience complexe et déjà contestée.
Le scrutin régional aragonais n’a rien d’anecdotique. Dans un pays où les communautés autonomes disposent de larges compétences — éducation, santé, gestion des crises —, ces élections constituent un baromètre politique de premier ordre. Le Parti populaire y arrive en tête, tandis que les socialistes perdent plusieurs sièges et enregistrent leur plus faible résultat depuis des décennies dans la région.
Surtout, la montée de Vox modifie profondément l’équilibre des forces. L’extrême droite double sa représentation et devient, de facto, l’alliée incontournable pour toute majorité conservatrice. Le scénario se répète : progression du camp de droite, fragmentation du paysage, effritement du socle socialiste.
Cette défaite arrive dans une série. Après un revers en Estrémadure, le camp de Pedro Sánchez encaisse un nouveau coup. Et cela dans un contexte alourdi par les scandales de corruption visant son entourage et par une polarisation politique croissante. Le Premier ministre espagnol assure que la législature ira à son terme. Mais la dynamique électorale, elle, raconte une autre histoire.
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