Taïwan encerclée : Pékin teste le blocus et mesure la ligne rouge occidentale
Publié par Harrison du Bus
Sommaire
- Un exercice qui dépasse la routine
- Le blocus, option centrale de la panoplie chinoise
- Le déclencheur américain et la cible réelle
- Taïwan sous tension politique interne
- Le facteur japonais et la régionalisation du risque
- Une normalisation par paliers
- La dissuasion occidentale à l’épreuve
- Ce que Pékin veut montrer – et ce qu’il évite
- Un test de seuils plus qu’un prélude immédiat
Avec l’opération « Mission Justice 2025 », la Chine ne se contente plus d’intimider Taïwan. En simulant des blocus portuaires et en menant des tirs à munitions réelles autour de l’île, Pékin franchit un seuil stratégique. Derrière la démonstration de force, un message précis : jauger la réaction américaine, discipliner Taipei et installer, par paliers, une nouvelle normalité militaire dans le détroit.
Lundi à l’aube, l’Armée populaire de libération (APL) a lancé une nouvelle série d’exercices militaires d’ampleur autour de Taïwan. Baptisées « Mission Justice 2025 », ces manœuvres mobilisent forces terrestres, navales, aériennes et de missiles, et incluent des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes au nord et au sud-ouest de l’île. Le Commandement du théâtre oriental de l’APL parle d’un « sérieux avertissement » adressé aux forces « séparatistes » et aux « interférences extérieures ». Dans les faits, Pékin a surtout mis en scène un scénario de blocus, avec patrouilles air-mer, saisie de la supériorité globale et dissuasion multidimensionnelle.
L’événement n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une séquence tendue, déclenchée par la plus importante vente d’armes américaine à Taipei depuis 2001 (11,1 milliards de dollars), et intervient alors que les relations sino-américaines tentent une fragile détente après un accord de trêve commerciale conclu à l’automne entre Xi Jinping et Donald Trump. À l’échelle régionale, la manœuvre chinoise résonne aussi avec une querelle diplomatique aiguë avec Tokyo, la cheffe du gouvernement japonais Sanae Takaichi ayant évoqué la possibilité d’une réponse militaire japonaise en cas d’attaque contre Taïwan.
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