Lors de son discours prononcé dimanche à La Louvière à l’occasion du congrès de lancement du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez a livré une intervention à la fois idéologique et programmatique, marquant une nouvelle étape dans la stratégie du MR à l’aube de 2026 de guerre idéologique contre la gauche.
Le président libéral a d’emblée posé le diagnostic central de son discours : la Belgique est à bout de souffle fiscalement, étouffée par des impôts trop élevés sur le travail, une dette publique hors de contrôle et un système de dépenses devenu intouchable politiquement. Pour Bouchez, le pays ne souffre pas d’un manque de recettes, mais d’un refus collectif de regarder où va l’argent.
Dérives bureaucratiques
Au cœur de son propos, une critique frontale du modèle social tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Sans remettre en cause la sécurité sociale en tant que principe, il a dénoncé ses dérives bureaucratiques, ses rentes institutionnelles et l’absence de responsabilité financière de certains acteurs. C’est dans ce cadre qu’il a attaqué les mutuelles, qu’il juge surprotégées, riches et exonérées d’un effort fiscal pourtant demandé ailleurs. Pour Bouchez, la solidarité ne peut pas être à sens unique.
Le président du MR a également ciblé le système d’allocations et de chômage, qu’il estime insuffisamment orienté vers le retour à l’emploi. Il a plaidé pour une activation plus stricte des droits sociaux, assumant une ligne claire : travailler doit toujours rapporter plus que ne pas travailler. À ses yeux, maintenir durablement des personnes hors du marché du travail sans exigence réelle est non seulement injuste pour les contribuables, mais destructeur socialement.
Déplacer la pression fiscale des citoyens vers « les épaules plus larges »
Sur le plan fiscal, Bouchez a insisté sur la nécessité de déplacer la pression fiscale du travail vers les épaules les plus larges, qu’elles soient publiques, parapubliques ou institutionnelles. Il a rejeté l’idée de nouveaux impôts généralisés, préférant une remise à plat des exemptions, des niches et des privilèges existants. Le message est clair : avant de demander davantage aux citoyens, l’État doit commencer par balayer devant sa porte.
Le discours s’inscrit aussi dans une opposition politique assumée à la gauche et à ce que Bouchez appelle une culture de l’excuse et de l’irresponsabilité budgétaire. Il a dénoncé une vision où toute réforme est caricaturée comme antisociale, alors que, selon lui, l’inaction actuelle prépare un choc social bien plus violent demain.
« Le MR est la seule force politique prête à dire la vérité aux électeurs »
Enfin, Bouchez a présenté le MR comme la seule force politique prête à dire la vérité aux électeurs, quitte à heurter des intérêts installés. Il a revendiqué un libéralisme de responsabilité, fondé sur le travail, l’effort et la clarté budgétaire, en promettant de faire de 2026 une année de rupture avec les faux-semblants et les compromis paralysants.
À La Louvière, le président libéral n’a pas seulement prononcé un discours de congrès. Il a posé les bases d’une campagne, en assumant une ligne dure sur les finances publiques et en désignant clairement ceux qu’il considère comme les angles morts du système belge.
A.G.
(PHOTO NATACHA FREISEN)