Alden Biesen : l’Europe en consultation avec Draghi et Letta
Demain débute, au château limbourgeois d’Alden Biesen, une séance de réflexion informelle au cours de laquelle les dirigeants de l’UE tenteront de répondre à une question centrale : comment remettre l’économie européenne en mouvement, avant qu’elle ne devienne réellement dépendante des aléas des États-Unis et de la Chine ? Une question que les dirigeants européens ont trop longtemps laissé sans réponse.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
La réunion informelle d’Alden Biesen remet sur la table les diagnostics de Mario Draghi et Enrico Letta sur l’économie européenne, entre fragmentation du marché intérieur, dépendance énergétique et fuite des capitaux vers les États-Unis. Malgré des solutions identifiées — intégration financière, simplification réglementaire, investissements communs — les résistances politiques restent fortes. Le rendez-vous limbourgeois apparaît ainsi comme un test de crédibilité pour une Union qui sait ce qu’elle doit faire, mais peine à franchir le pas de l’intégration réelle.
Au château d'Alden Biesen, les dirigeants recevront les analyses de Mario Draghi et d’Enrico Letta, auteurs de deux rapports de poids sur la manière de stimuler la productivité et les investissements en Europe. L’Europe a traité ces rapports comme elle le fait habituellement : avec beaucoup d’enthousiasme et de rhétorique, avant de les reléguer en grande partie aux archives.
En septembre dernier, le European Policy Innovation Council a calculé qu’environ un an après leur publication, à peine 11 % des 383 propositions du rapport avaient été mises en œuvre. (La Commission européenne elle-même affirme d’ailleurs avoir réalisé plus de la moitié des initiatives.) Mais l’Europe reste empêtrée dans un marécage réglementaire et des divisions internes. Le message des deux Italiens est pourtant clair : l’Europe doit faire réellement fonctionner le marché intérieur et se prémunir contre un climat géo-économique plus incertain. Non pas comme un exercice théorique, mais comme une nécessité stratégique.
« Nous menons une guerre commerciale contre nous-mêmes »
Le diagnostic est le même depuis des années. L’Europe produit des talents et des idées, mais les entreprises et les travailleurs se dirigent vers les États-Unis, où les marchés de capitaux sont plus profonds et où le marché forme un ensemble cohérent. Chaque année, les Européens investissent entre 300 et 400 milliards d’euros sur les marchés de capitaux américains, des fonds qui pourraient être utilisés au sein de l’UE.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Deja abonne ? Se connecter