Coupe du monde : pourquoi les droits humains ne comptent-ils soudain plus quand l’Iran joue ? (ANALYSE)
Dans moins d’un mois, les Diables rouges affronteront l’Iran à la Coupe du monde de football. À Téhéran, l’équipe nationale est saluée avec enthousiasme comme « l’équipe nationale en temps de guerre » et un « symbole d’autorité et de résistance ».
Publié par Peter Backx
Pourtant, en Belgique, on n’entend quasiment ni indignation morale, ni protestations, ni appels au boycott.
Le 21 juin 2026, la Belgique affrontera l’Iran au SoFi Stadium de Los Angeles, dans le groupe G avec l’Égypte et la Nouvelle-Zélande. Mais pour Téhéran, cette Coupe du monde dépasse largement le cadre sportif. Le régime iranien utilise ouvertement le tournoi comme un instrument de sa confrontation idéologique avec l’Occident.
Vocabulaire guerrier
Lors de la cérémonie officielle de départ de l’équipe, le président de la fédération iranienne, Mehdi Taj, a employé un vocabulaire guerrier. Il a décrit la sélection comme « l’équipe nationale de football en temps de guerre » et comme « un phare d’autorité et de résistance ».
L’Iran reste une théocratie islamiste où le pouvoir réel appartient au Guide suprême et à l’élite religieuse. Les opposants sont emprisonnés, les manifestations réprimées, les femmes soumises à des lois religieuses strictes et les homosexuels poursuivis. Plusieurs sources ont également évoqué, début 2026, des dizaines de milliers de morts lors de nouvelles vagues de répression menées par les Gardiens de la Révolution.
Cette organisation paramilitaire constitue la colonne vertébrale du régime. Elle contrôle la société, soutient des groupes armés au Moyen-Orient et joue un rôle central dans la stratégie régionale iranienne.
Garanties de visas
Téhéran a également posé ses propres conditions pour participer au Mondial. Les autorités iraniennes ont exigé des garanties concernant les visas, la sécurité, le respect du drapeau et de l’hymne national. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a assuré que les joueurs seraient les bienvenus, tout en évoquant la possibilité de refuser l’entrée à certains membres liés aux Gardiens de la Révolution.
La fédération iranienne a immédiatement protesté, exigeant que tous les membres de la délégation puissent obtenir un visa, y compris ceux ayant servi dans les Gardiens de la Révolution.
Fin avril, l’Iran a aussi boycotté le 76e congrès de la FIFA à Vancouver après des contrôles renforcés réalisés par les autorités canadiennes à Toronto. Les médias iraniens ont dénoncé des « insultes » et un « comportement inapproprié ». Pourtant, le Canada a lui aussi inscrit les Gardiens de la Révolution sur sa liste des organisations terroristes.
L’article souligne ensuite le contraste avec Israël lors de l’Eurovision. Dans ce cas, les manifestations, pétitions, appels au boycott et actions militantes se sont multipliés. Selon l’auteur, cette différence de traitement révèle une forme de double standard.
Israël reste une démocratie
Il rappelle qu’Israël reste une démocratie avec élections, opposition politique et médias indépendants, tandis qu’en Iran, l’opposition est réprimée et les contre-pouvoirs inexistants.
L’analyse va plus loin en estimant qu’une partie de la gauche radicale et de certains mouvements militants ne placeraient plus réellement les droits humains au centre de leur combat, mais privilégieraient avant tout une logique anti-occidentale et anti-américaine.
Selon cette lecture, certains militants progressistes se montreraient beaucoup plus indulgents envers des régimes autoritaires dès lors qu’ils s’opposent aux États-Unis ou à Israël, malgré leurs atteintes aux libertés fondamentales.
L’auteur conclut toutefois qu’il ne plaide pas pour un boycott du match Belgique-Iran ni de la Coupe du monde. Il estime simplement que cette rencontre met en lumière une « double morale » dans le traitement politique et médiatique de certains régimes.