EU Inc. : un beau logo sur une boîte vide
La Commission européenne veut réinventer l’entrepreneuriat en 48 heures. Elle oublie que le reste du système continue d’avancer à son propre rythme.
Publié par Dominique Dewitte
Résumé de l'article
- EU Inc. promet de simplifier la création d’entreprises en Europe, mais les règles nationales restent dominantes.
- Pour les économistes Garicano et Malmendier, la réforme est largement vidée de sa substance par les États membres.
- Tant que les freins structurels persistent, l’impact sur la croissance des entreprises européennes restera limité.
Avec beaucoup de tambours et de trompettes, la Commission européenne annonce « EU Inc. » : une 28e forme de société qui permettrait aux entrepreneurs de créer une entreprise paneuropéenne en 48 heures pour un coût maximal de 100 euros. Ursula von der Leyen a présenté cette initiative à Davos comme une étape historique. Les économistes Luis Garicano et Ulrike Malmendier, qui en ont analysé les contours dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung et Le Monde, se montrent nettement moins enthousiastes : il ne s’agit pas d’un 28e régime. Il y en aura toujours 27.
National avant international
L’explication est aussi simple que décevante. Les États membres n’ont aucun intérêt à créer un statut plus performant que leurs propres systèmes nationaux. Un véritable régime européen mettrait en lumière les règles qui favorisent l’efficacité… et celles qui protègent surtout des intérêts établis. C’est précisément ce que les gouvernements cherchent à éviter. Résultat : chaque État a retiré ce qui ne lui convenait pas, jusqu’à vider largement la réforme de sa substance.
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