Bart De Wever : « Derrière les demandeurs d’asile, il y a une industrie, des gens très engagés à gauche, des avocats, des ASBL capables de mobiliser »
Dans une large interview accordée à Sudinfo ce week-end, le Premier ministre Bart De Wever aborde notamment la question migratoire et défend les mesures prises par son gouvernement. Il en profite également pour critiquer la vision économique du président du PS Paul Magnette, qu’il accuse de privilégier la redistribution au détriment de la création de richesse.
Publié par J.PE
• Mis à jour le
Résumé de l'article
— Bart De Wever défend les mesures migratoires de son gouvernement et estime qu’elles s’inscrivent dans le futur pacte européen sur l’asile.
— Il accuse Paul Magnette de privilégier la redistribution au détriment de la création de richesse.
— Le Premier ministre affirme assumer pleinement sa fonction et estime que les décisions budgétaires difficiles doivent être prises en début de législature.
Sur les récentes mesures migratoires prises par son gouvernement et qui sont attaqués, il est sûr qu’elles passeront et déclare : « On est à 100 % sûr que cela entre dans le nouveau pacte d’immigration que l’Europe fera entrer en vigueur en juin. Ce serait bizarre d’arrêter une politique que l’on est sûr de pouvoir mener en juin. La Cour constitutionnelle n’a d’ailleurs rien annulé, mais suspendu et posé une question préjudicielle à la Cour européenne ; nous l’avions posée à l’époque (…) Ne soyons pas naïfs : derrière les demandeurs d’asile, il y a une industrie, des gens très engagés à gauche, des avocats, des ASBL capables de mobiliser. Le premier lundi après l’arrêt, la file d’attente était deux fois plus longue devant l’Office des étrangers ».
Il profite aussi de son interview pour tacler le Président du PS et sa conception économique qui selon lui nous mène à la catastrophe : « Si on suit Magnette, on est perdu ; l’Europe est perdue. Parce que l’on va se focaliser sur la redistribution de la richesse sans créer de la valeur ajoutée. Il a écrit un livre sur le pain, cela a même été sa meilleure vente parmi tous ses livres. Un boulanger sait que distribuer du pain que l’on n’a pas cuit, c’est compliqué. Il faut d’abord le cuire ; ça, c’est la croissance économique, la productivité, l’innovation, la compétitivité. Si on oublie tout ça, on arrive au moment où il n’y a plus rien à donner, à personne… »
Il déclare même s’amuser dans son rôle de Premier Ministre que certains francophones n’auraient jamais vu le voir endosser avec autant de talent : « Ce n’était pas mon rêve de devenir Premier ministre, mais j’assume et je m’amuse. Tant que je peux me regarder dans le miroir et me dire que je fais un boulot utile. On ne gagnera jamais le prix de beauté pour la gestion de la Belgique, mais au fur et à mesure que la législature progresse, le courage politique va diminuer, c’est logique. Les décisions budgétaires difficiles doivent être prises les deux premières années. »