Expulsion des migrants, relations avec Washington : barre à droite au Pérou
La candidate conservatrice Keiko Fujimori (Force populaire) est l'une des grandes favorites de l'élection présidentielle de ce dimanche au Pérou. 35 candidats sont en lice, au terme d'une campagne qui a mis l'accent sur la sécurité.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
- La présidentielle de ce dimanche au Pérou devrait consacrer un candidat conservateur.
- Si la tendance devait se confirmer, l'Amérique du Sud basculerait progressivement vers la droite.
À la veille d’un scrutin présidentiel incertain mais décisif, le Pérou pourrait bien confirmer une tendance de fond qui redessine l’équilibre politique du continent : celle d’un basculement progressif vers la droite en Amérique du Sud. Donnée favorite, Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, incarne cette inflexion idéologique articulée autour de l’ordre, de la souveraineté et d’un rapprochement assumé avec les États-Unis.
Une campagne dominée par l’ordre et la sécurité
Dans un pays miné par une instabilité chronique – huit présidents en dix ans – la question sécuritaire s’est imposée comme le cœur du débat. Keiko Fujimori promet un tournant radical dès ses cent premiers jours : expulsions de migrants en situation irrégulière, intervention accrue de l’armée dans les prisons et restauration de l’autorité de l’État.
La candidate de droite établit un lien direct entre immigration clandestine et criminalité, une rhétorique désormais classique dans plusieurs pays de la région. Elle propose notamment la mise en place de corridors humanitaires pour faciliter le retour des migrants, en majorité vénézuéliens, tout en durcissant le contrôle des frontières. Ce discours tranche avec les approches plus permissives qui dominaient encore récemment en Amérique latine, et trouve un écho dans une opinion publique inquiète face à la montée de l’insécurité.
Le retour assumé dans l’orbite américaine
Autre axe structurant de sa campagne : la politique étrangère. Dans un contexte de rivalité croissante entre Washington et Pékin, Keiko Fujimori affiche clairement ses priorités. Elle entend renforcer les liens économiques avec les États-Unis et attirer de nouveaux investissements occidentaux, tout en appelant l’Europe à revenir sur le marché péruvien. Le positionnement est stratégique. Le Pérou est aujourd’hui l’un des principaux bénéficiaires des investissements chinois en Amérique latine. Mais pour la candidate, il s’agit de rééquilibrer cette dépendance et de replacer Lima dans le giron occidental. Ce choix marque une rupture avec certaines orientations récentes du continent, et s’inscrit dans une dynamique plus large de réaffirmation des alliances traditionnelles.
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