Royaume-Uni : les « link-up », une jeunesse souvent issue de l'immigration en rupture qui produit une onde de choc dans le pays
Apparus au Royaume-Uni au printemps, les « link-up » transforment de simples rassemblements de jeunes en épisodes de désordre urbain. Porté par les réseaux sociaux et souvent ancré dans des quartiers populaires issus de l’immigration, ce phénomène révèle une mutation plus profonde des mobilisations et des tensions urbaines à l’ère numérique.
Publié par J.PE
• Mis à jour le
Résumé de l'article
— Nés sur Snapchat et TikTok, les « link-up » permettent de rassembler en quelques heures des centaines de jeunes dans l’espace public
— Souvent ancrés dans des quartiers populaires marqués par des fragilités sociales, ces rassemblements peuvent rapidement dégénérer
— Le phénomène révèle une transformation du rapport à la rue, devenue prolongement des réseaux sociaux et théâtre de tensions urbaines nouvelles
Depuis le début du printemps, un phénomène inquiète de plus en plus les autorités britanniques : les « link-up ». Derrière cette expression anodine qui signifie simplement « se retrouver », se cache en réalité une dynamique virale capable de transformer de simples rassemblements d’adolescents en scènes de désordre urbain, aussi bien à Londres qu’à Birmingham.
Une mobilisation éclair, des réseaux sociaux à la rue
Le phénomène apparaît à la fin du mois de mars, au moment des vacances de Pâques, d’abord à Birmingham. Très rapidement, des appels à se rassembler circulent sur les réseaux sociaux, notamment sur Snapchat et TikTok, attirant en quelques heures des dizaines puis des centaines de jeunes. En l’espace de quelques jours, le mouvement gagne Londres ainsi que d’autres grandes villes, avec des rassemblements organisés dans des zones très fréquentées, parfois en plein cœur de quartiers commerçants.
Ce qui n’était au départ qu’un simple rendez-vous informel entre adolescents prend alors une tout autre dimension. Sous l’effet du nombre, ces regroupements deviennent difficiles à contrôler et peuvent rapidement dégénérer. Des images largement diffusées montrent des groupes courant dans les rues, perturbant la circulation, pénétrant dans des magasins ou provoquant des mouvements de panique. Dans certains cas, des pillages et des affrontements avec les forces de l’ordre sont signalés, tandis que dans d’autres, les rassemblements restent bruyants et désordonnés sans basculer dans la violence, ce qui complique encore la réponse des autorités.
Une mécanique virale sans encadrement
Ces « link-up » reposent sur une mécanique particulièrement efficace qui est celle de la viralité. Quelques messages publiés sur les réseaux sociaux suffisent à déclencher une mobilisation massive, sans organisation structurée ni encadrement identifiable. L’absence de leader, combinée à la rapidité de diffusion des appels, rend ces événements difficiles à anticiper pour les forces de l’ordre, qui doivent souvent intervenir dans l’urgence.
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