Sans smartphone avant 12 ans : l’expérience irlandaise
D'après les informations du New York Times, la ville de Greystones, en Irlande, expérimente une initiative radicale : retarder collectivement l’accès des enfants aux smartphones. Derrière cette décision locale se dessine peut-être une réponse concrète à une inquiétude globale sur l’impact du numérique sur l’enfance.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Greystones expérimente un code volontaire pour retarder l’accès des enfants aux smartphones
— L’initiative repose sur une réponse collective pour briser la pression sociale du numérique
— Une expérience locale qui pose une question globale sur le contrôle du rapport des enfants à la technologie
Il ne s’agit ni d’une loi, ni d’un décret, ni même d’une interdiction formelle. Et pourtant, dans la petite ville côtière de Greystones, au sud de Dublin, quelque chose d’inédit est en train de se produire : des enfants grandissent sans smartphone. Non pas par contrainte individuelle, mais par choix collectif.
Depuis 2023, parents, enseignants, commerçants et responsables locaux ont progressivement mis en place un code volontaire : ne pas équiper les enfants de smartphone avant l’entrée au secondaire, autour de 12 ans. Une décision simple en apparence, mais qui s’attaque à l’un des mécanismes les plus puissants de notre époque : la pression sociale du "tout le monde en a un".
Car c’est précisément là que réside l’originalité de l’expérience. À Greystones, on n’a pas cherché à convaincre chaque famille isolément. On a cherché à modifier la norme elle-même.
Rompre la logique du "tout le monde en a un"
Le constat de départ est brutal. Dans de nombreux pays européens, l’âge d’accès au smartphone ne cesse de baisser. En Irlande, il se situe autour de 9 ans pour un premier enfant — souvent plus tôt encore pour les suivants.
Avec lui viennent des effets désormais bien documentés : troubles du sommeil, anxiété, exposition à des contenus violents ou sexuels, dépendance aux écrans. Dans les écoles de Greystones, les signaux d’alerte s’étaient multipliés après la période du Covid : enfants en pleurs, difficultés de concentration, isolement, voire recours à des aides psychologiques.
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