Zones d’activité économique: comment la Wallonie veut relancer son économie d’ici 2030
Le Gouvernement wallon a validé une nouvelle stratégie territoriale à long terme pour organiser le développement des zones d’activité économique. Objectif : mieux utiliser le foncier existant, accélérer la reconversion des friches et soutenir la réindustrialisation du territoire.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- La Wallonie adopte une stratégie « ZAE 2050 » pour structurer son développement économique et industriel
- 1.500 hectares de foncier seront activés d’ici 2030, en priorité sur des terrains déjà artificialisés
- Le plan mise sur la simplification des procédures, la reconversion des friches et une coordination régionale renforcée
Le Gouvernement wallon a approuvé une note d’orientation définissant sa stratégie « Zones d’Activité Économique 2050 » (ZAE 2050), destinée à structurer le redéploiement économique et industriel du territoire sur le long terme.
Portée notamment par François Desquesnes, cette feuille de route vise à répondre à une double contrainte : soutenir l’activité économique tout en limitant l’artificialisation des sols. Le cap est fixé à 2050, avec des objectifs intermédiaires dès 2030.
1.500 hectares à activer d’ici 2030
Concrètement, la stratégie prévoit l’activation de 1.500 hectares de foncier économique d’ici 2030. L’objectif est d’améliorer l’accueil des entreprises, en particulier les PME et TPE, tout en privilégiant l’utilisation de terrains déjà artificialisés.
Le gouvernement entend ainsi intensifier l’usage des zones existantes, remettre en activité les friches industrielles et limiter autant que possible l’ouverture de nouveaux terrains. De nouveaux espaces pourraient néanmoins être mobilisés lorsque les besoins économiques le justifient, notamment dans les zones où les réserves foncières sont limitées.
Une stratégie coordonnée à l’échelle régionale
Autre ambition affichée : dépasser les logiques locales pour instaurer une vision régionale du foncier économique. Le dispositif prévoit une coordination accrue entre les différents acteurs, ainsi qu’une forme de solidarité territoriale pour optimiser l’offre disponible.
Le gouvernement souhaite également ouvrir davantage le marché aux opérateurs privés, notamment en réduisant les subsides publics pour les projets jugés rentables sans intervention régionale.
Anticiper les besoins industriels
La stratégie ZAE 2050 prévoit aussi la constitution de réserves foncières régionales destinées à accueillir de grands projets industriels. Elle intègre plusieurs paramètres jugés essentiels pour l’attractivité économique : accès à l’énergie, mobilité, rapidité des procédures et protection des ressources.
Un mécanisme d’évaluation tous les cinq ans doit permettre d’adapter la trajectoire en fonction de l’évolution du contexte socio-économique.
Simplification des procédures et nouveaux outils
Pour traduire cette vision dans les faits, François Desquesnes (Les Engagés) a été chargé de préparer des textes législatifs, tandis qu’une consultation des acteurs du secteur est annoncée.
Parmi les pistes évoquées figurent l’élargissement de la notion de friche, le recours à l’emphytéose pour la gestion du foncier ou encore la mise en place d’une fiscalité incitative pour favoriser la réutilisation des sites existants.
Le gouvernement entend également introduire une méthode de « pré-filing » afin de sécuriser en amont les projets stratégiques.
Une ambition politique assumée
Pour François Desquesnes, cette stratégie s’inscrit dans une logique de long terme : « Avec la Vision stratégique ZAE 2050, nous faisons un choix de responsabilité et d’anticipation. […] Notre priorité : offrir des solutions utiles aux entreprises, créer de l’emploi. »
Même tonalité du côté du ministre-président Adrien Dolimont (MR): « La Wallonie se donne enfin une méthode claire pour transformer son ambition industrielle en capacités concrètes sur le terrain. […] Ce que nous engageons aujourd’hui, c’est une logique d’exécution. »