Affaire France Inter : Charles Sapin révèle avoir reçu « énormément de messages de soutien » de Radio France
Après la polémique qui a conduit à son départ de France Inter, Charles Sapin s'est exprimé sur RTL face à Marc-Olivier Fogiel. Le journaliste de Valeurs actuelles dénonce une « minorité radicalisée » qui aurait fait obstacle au pluralisme, tout en révélant avoir reçu de nombreux soutiens au sein même de Radio France.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur RTL, Charles Sapin revient sur son éviction de France Inter, révèle des soutiens internes à Radio France et dénonce une « minorité radicalisée ».
L'affaire Charles Sapin, qui a provoqué une crise à Radio France à la rentrée, continue de soulever des questions sur le pluralisme dans l'audiovisuel public. Invité sur RTL face à Marc-Olivier Fogiel, le journaliste et directeur adjoint de Valeurs actuelles est revenu sur la contestation de son arrivée à France Inter, qui avait débouché sur plusieurs mouvements de grève et finalement sur son retrait de l'antenne.
Dans cette prise de parole, Charles Sapin livre une analyse sévère des mécanismes d'exclusion politique qu'il estime voir à l'œuvre dans une partie du paysage médiatique français.
Le directeur adjoint de "Valeurs actuelles" Charles Sapin dénonce "une minorité radicalisée et des grognons" à Radio France@csapin face à @FogielMarcO dans #RTLMatin pic.twitter.com/dIAtLzecXW
— RTL France (@RTLFrance) October 14, 2026
« J'ai reçu énormément de messages de soutien de journalistes de Radio France »
Première révélation de son intervention : Charles Sapin affirme avoir bénéficié, pendant toute la polémique, du soutien de nombreux journalistes du service public. « Pendant cette séquence, j'ai reçu énormément de messages de soutien de journalistes de Radio France, y compris de France Inter », assure-t-il. Une confidence qui l'amène à relativiser la représentativité du mouvement hostile à sa présence.
Selon lui, les opposants les plus déterminés étaient « loin d'être majoritaires » parmi les journalistes de Radio France. Il dénonce une « minorité radicalisée » qui aurait transformé ses 150 secondes de chronique politique, programmées chaque dimanche à 7 h 40, en véritable casus belli. « Vous avez une minorité radicalisée, des syndicalistes professionnels, des grognons qui bloquent une antenne », déplore-t-il.
Le journaliste regrette surtout l'abandon de ce qu'il considère comme un projet éditorial ambitieux : réunir, sur une même antenne, des sensibilités politiques différentes dans une France profondément divisée.
Une chronique de deux minutes trente devenue affaire nationale
À la fin du mois d'août, la direction de France Inter avait confié à Charles Sapin un éditorial politique hebdomadaire, dans le cadre d'une volonté affichée d'élargir le pluralisme de la station.
Mais son arrivée, en qualité de responsable de Valeurs actuelles, avait suscité l'opposition de plusieurs organisations syndicales et de membres de la rédaction. Les protestataires mettaient notamment en cause la ligne éditoriale du magazine, déjà condamné par la justice pour certains contenus.
Des préavis de grève avaient été déposés et les programmes de plusieurs antennes de Radio France perturbés. Après deux chroniques diffusées, la direction avait finalement proposé de remplacer l'éditorial de Charles Sapin par un débat contradictoire. Le journaliste avait refusé cette formule et annoncé son retrait le 19 septembre.
La direction de Radio France avait alors assuré vouloir poursuivre sa mission de pluralisme et déclaré que cette issue ne constituait « une victoire pour personne ».
« Une partie de la gauche a lâché la rampe »
Interrogé par Marc-Olivier Fogiel sur les conclusions à tirer de cette affaire concernant l'audiovisuel public, Charles Sapin refuse toutefois de condamner l'institution dans son ensemble. « Moi, je pense qu'il ne faut pas dire que l'audiovisuel public est radicalisé », précise-t-il, rappelant qu'il participe avec plaisir à des débats sur franceinfo.
Sa critique vise plutôt ce qu'il considère comme une dérive touchant une partie de la gauche française. « Vous avez une partie de la gauche qui, en fait, a lâché la rampe, qui, en fait, prend en otage la démocratie », affirme-t-il.
Selon Charles Sapin, la démocratie ne serait plus envisagée par certains comme un espace de confrontation entre opinions différentes, mais comme un instrument permettant d'écarter du débat les voix jugées indésirables.
Il conclut par une formule particulièrement accusatrice : « On nazifie les gens avec qui on n'est pas d'accord, on leur coupe le micro et tout le monde trouve ça très normal. »
À travers cette intervention, Charles Sapin entend ainsi déplacer le débat : plutôt que d'incriminer l'ensemble des journalistes du service public, il met en cause les pressions exercées, selon lui, par une fraction militante hostile à certaines sensibilités politiques.