Benjamin Dalle : un député… avec un salaire (presque) de ministre
Le statut particulier des élus néerlandophones au Parlement bruxellois continue de faire grincer des dents. Et pour cause : certains cumulent fonctions et indemnités au point d’atteindre des niveaux de rémunération très élevés. C’est notamment le cas de Benjamin Dalle (CD&V). Selon La Libre le député atteindrait une rémunération totale de 13.143 euros brut par mois, auxquels s’ajoutent 4.049 euros de frais forfaitaires nets. Une situation rendue possible notamment par sa nomination à la tête de la VGC, obtenue dans le cadre des négociations politiques à Bruxelles.
Publié par Vanille Dujardin
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Résumé de l'article
- Benjamin Dalle cumule plusieurs fonctions et dépasse 13.000 € brut mensuels
- Sa nomination à la tête de la VGC a nécessité une modification du règlement
- L’opposition dénonce une « postjespakkerij » et relance le débat sur les cumuls
Comme tous les députés bruxellois, Dalle perçoit une indemnité de base de 8.990 euros brut par mois, à laquelle s’ajoute un forfait de frais de 2.649 euros net. Mais à cette rémunération viennent s’ajouter plusieurs fonctions.
Des fonctions qui font grimper la note
Depuis les négociations pour la formation du gouvernement bruxellois, il occupe la présidence du Parlement de la VGC, qui revient au CD&V dans le cadre d’un accord politique, alors que le parti ne dispose que d’un seul élu au Parlement bruxellois. Cette nouvelle fonction lui rapporte 3.411 euros brut mensuels, ainsi qu’un forfait supplémentaire de 955 euros net pour ses frais. À cela s’ajoute encore son rôle de chef de groupe au Sénat, qui lui apporte 742 euros brut et 445 euros net de frais.
Jusqu’il y a peu, Benjamin Dalle bénéficiait également d’une indemnité comme chef de groupe au Parlement bruxellois. Mais celle-ci n’est désormais plus cumulable avec sa fonction à la VGC, dans un contexte d’efforts budgétaires. Malgré cela, son niveau de rémunération reste particulièrement élevé pour un parlementaire.
Au final, l’élu ne perd que relativement peu au change par rapport à son ancien poste de ministre flamand, pour lequel il percevait 22.359 euros brut mensuels. Et son traitement actuel se rapproche fortement de celui des ministres bruxellois en fonction.
Une nomination qui fait débat
Sa désignation à la VGC n’a d’ailleurs pas été sans controverse. Pour permettre sa nomination, le règlement de la VGC a dû être modifié, afin qu’un élu ne faisant pas partie du Bureau puisse en devenir président. Une adaptation du règlement est loin de faire l’unanimité.
Dans l’opposition, certains dénoncent une manœuvre sur mesure. Le député N-VA Mathias Vanden Borre parle ouvertement de « postjespakkerij », soit une distribution de postes politiques. Benjamin Dalle, lui, balaie la critique, évoquant une simple « formalité technique » qui restera valable à l’avenir.
En toile de fond, c’est aussi le fonctionnement même de la VGC qui est questionné. Cette assemblée, parfois surnommée le « smurfenparlement » (littéralement, “parlement des Schtroumpfs”) en raison de ses compétences limitées, n’en reste pas moins un levier politique… et financier non négligeable. De quoi relancer le débat sur les cumuls en politique bruxelloise.