Bill White : « Aujourd’hui, l’Europe décroche à cause de la surréglementation. L’excès de règles étouffe le business »
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
— L’ambassadeur américain loue Bart De Wever et salue le franc-parler de Georges-Louis Bouchez
— Il critique la surréglementation européenne, qu’il juge responsable du décrochage économique
— Washington se dit prêt à aider la Belgique face aux tensions sur le gaz liées à la guerre en Iran
L’Ambassadeur américain à Bruxelles a accordé un entretien fleuve à nos confrères de la Dernière Heure, l’occasion pour lui de revenir sur son rôle d’ambassadeur. C’est l’une des très nombreuses interviews qu’il a accordé. L’ambassadeur est très actif, aime son rôle et veut augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays.
Le diplomate en profite pour dresser des fleurs à certains de nos représentants politiques : « Bart De Wever est un excellent Premier ministre pour la Belgique actuelle. Il accomplit l’impossible : jongler avec des éléphants et rassembler des “chats” [les différents partis, NdlR]. Il est stratégique, intelligent et a beaucoup d’humour. J’ai même caressé son chat, Maximus. Mon rôle est de rencontrer tout le monde. J’ai invité Conner Rousseau à dîner et il m’a répondu qu’il trouverait un moment. si je ne suis pas d’accord avec lui sur dix points, si nous en trouvons un seul de coopération, je travaillerai dessus. Quant à Bouchez, je l’admire car il dit ce qu’il pense, du fond du cœur, sans toujours se préoccuper du qu’en-dira-t-on. »
Il précise que le Président aime l’Europe mais est très préoccupé par la situation : « On dit qu’il n’aime pas l’Europe, c’est faux ! Il est très préoccupé par l’identité culturelle de l’Europe. Il aime absolument l’Europe. Il veut qu’elle soit prospère. Il y a 10 ans, l’Europe avait le même PIB que l’Amérique. Maintenant, notre PIB va comme ça et le PIB de l’Europe va comme ça [il mime une flèche qui monte et une flèche qui descend, NdlR]. Pourquoi ? À cause de vos réglementations. Les entreprises fuient, il y a trop de règles. Aujourd’hui, l’Europe décroche à cause de la sur-réglementation. L’excès de règles étouffe le business. Tout le monde devrait vouloir que les entreprises soient encouragées à investir ici en Europe. » (…) De nombreuses entreprises veulent investir dans des entreprises belges, dans la technologie et les choses entrepreneuriales, mais il y a beaucoup de plaintes sur la directive CSRD, sur le Digital Market Act, sur la norme ESG (Environnement, Social, Gouvernance). »
L’ambassadeur veut aussi aider la Belgique à surmonter les conséquences de la guerre en Iran : « Pendant 3 à 5 ans, il y aura presque 20 % de gaz en moins sur le marché mondial. Une grande partie de ce gaz vient en Belgique, via Fluxys à Bruges. Quand j’ai entendu ça, j’ai appelé la Maison Blanche. C’était le matin. Puis nous avons eu un appel à 16h30 avec 20 des plus grandes sociétés GNL du monde. Elles sont maintenant en contact avec les autorités belges et prêtes à aider quand on leur demandera. Voici comment nous vous aidons. »