Carburants : Dolimont refuse toute aide en Wallonie
Face à la hausse brutale des prix du carburant, le ministre-président wallon Adrien Dolimont reconnaît une situation « inacceptable » pour les travailleurs — tout en excluant toute aide régionale. En cause, selon lui, l’absence de leviers… et une situation budgétaire sous tension.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Adrien Dolimont reconnaît une situation « inacceptable » pour les travailleurs face à des prix dépassant 2,50 € le litre
— La Wallonie refuse toute aide directe, invoquant l’absence de leviers et une contrainte budgétaire lourde
— Le gouvernement mise sur une détente internationale pour faire baisser les prix, sans solution immédiate pour les citoyens
Le constat est sans ambiguïté. Avec un diesel flirtant entre 2,40 et 2,50 euros le litre et une essence proche des 2 euros, la pression sur les travailleurs wallons devient tangible, en particulier pour ceux contraints de longs trajets domicile-travail.
Invité de l’émission Face à Buxant sur bel RTL, Adrien Dolimont l’admet sans détour : « Ce n’est pas acceptable pour les travailleurs ». Le ministre-président reconnaît le risque d’un basculement vers ce qu’il qualifie lui-même de « piège à l’emploi », où travailler coûte parfois presque autant que ne pas travailler. Mais ce diagnostic partagé ne débouche pas sur une réponse régionale, au contraire.
« Les leviers ne sont pas chez nous »
Interrogé sur d’éventuelles mesures concrètes, Adrien Dolimont tranche nettement. La Wallonie n’interviendra pas directement pour compenser la hausse des prix à la pompe.
« Il faut avoir l’honnêteté de dire que les leviers ne sont pas chez nous », affirme-t-il, en renvoyant explicitement la responsabilité au niveau fédéral.
Le refus est clair et assumé : « On ne va pas commencer à donner des chèques d’aide pour pouvoir aider directement les gens. Ça n’a juste pas de sens économique. » Autrement dit, malgré l’urgence sociale décrite, aucune aide directe ne sera mise en place à l’échelle régionale.
Une contrainte budgétaire devenue ligne politique
Pour justifier cette position, le ministre-président invoque l’état des finances wallonnes. La région, explique-t-il, ne disposerait ni des moyens, ni de la capacité structurelle d’agir.
Il évoque notamment une charge de dette d’environ 700 millions d’euros, héritage de décisions passées qui continuent de peser lourdement sur le budget. Dans ce contexte, toute mesure de soutien direct est jugée irréaliste, voire contre-productive.
Cette contrainte budgétaire devient ainsi une ligne politique assumée : ne pas promettre ce que l’on ne peut financer.
Un espoir venu… du détroit d’Ormuz
Adrien Dolimont s’appuie toutefois sur un facteur extérieur pour tempérer l’inquiétude. Il souligne que la récente détente géopolitique — en particulier la réouverture du détroit d’Ormuz après le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran — pourrait entraîner un reflux des prix. « Heureusement, il était temps », glisse-t-il, en espérant que cette accalmie s’inscrive dans la durée.
Un espoir qui, pour l’heure, reste suspendu à des dynamiques internationales largement hors de portée des autorités régionales.
Entre lucidité et impuissance
Au fond, la position du gouvernement wallon tient en une formule répétée à plusieurs reprises par Adrien Dolimont : « La Wallonie n’a ni les leviers, ni les moyens d’agir ».
Une déclaration qui se veut lucide, mais qui laisse entière la question politique centrale : que dire aux travailleurs qui voient leur mobilité devenir un luxe contraint ?
Car derrière l’argument institutionnel et budgétaire, c’est bien une forme d’impuissance assumée qui se dessine — au moment même où le coût du travail, pour certains, commence à se mesurer… à la pompe.