Chez Léon passe sous contrôle français, mais promet de rester fidèle à son ADN
C’est une page d’histoire bruxelloise qui se tourne. Le célèbre restaurant Chez Léon, fondé en 1867 par la famille Vanlancker, a été repris à 100 % par le groupe français Groupe Joulie. L’accord a été finalisé lundi. Le repreneur met la main sur l’ensemble : murs, fonds de commerce, dettes et marque. Une cession lourde de symbole pour cette institution des Galeries Saint-Hubert, considérée comme le plus grand restaurant familial de Belgique.
Publié par Vanille Dujardin
Résumé de l'article
Institution historique des Galeries Saint-Hubert fondée en 1867, Chez Léon a été cédé au Groupe Joulie dans un contexte financier fragilisé par la crise sanitaire, l’inflation et les difficultés d’établissements liés. Le repreneur français reprend l’ensemble des actifs et s’engage à maintenir la carte, les prix et les contrats, tandis qu’une centaine d’emplois sont préservés. Poids lourd de l’horeca bruxellois avec des milliers de couverts par jour et un chiffre d’affaires d’environ 13 millions d’euros, la brasserie vise désormais un retour à l’équilibre avant d’éventuels investissements, sous une direction qui promet de respecter l’ADN du lieu malgré un passage symbolique sous contrôle étranger.
Pour Kevin Vanlancker, descendant du fondateur, la décision n’a pas été prise à la légère. Entre la crise du Covid (qui aurait coûté près de 4 millions d’euros), les indexations successives et les difficultés financières de l’établissement voisin Aux Armes de Bruxelles (auquel il est lié), la situation était devenue intenable.
Des emplois sauvés par le groupe parisien
Environ 100 travailleurs sont concernés par le changement. Selon Vanlancker, d’autres candidats s’étaient manifestés, dont des chaînes de restauration rapide, mais les conditions n’offraient pas les mêmes garanties pour le personnel. La famille insiste : céder l’établissement était, à leurs yeux, la seule option viable pour maintenir l’activité et éviter des licenciements massifs.
Le repreneur, dirigé par Christophe Joulie, n’est pas un inconnu dans le paysage de la brasserie traditionnelle. Le Groupe Joulie possède notamment Bouillon Chartier, Au Bœuf Couronné, Le Sébillon ou encore Le Café du Commerce. Au total, une douzaine de brasseries à Paris et trois hôtels. Chez Leon est la première implantation du groupe hors de la capitale française. Le patron explique avoir découvert le restaurant il y a trois ans, lors d’une visite à Bruxelles avec l’idée initiale d’y développer un autre concept. Finalement, c’est la brasserie historique qui a retenu son attention. Il rassure les connaisseurs : préserver l’identité du lieu tout en le stabilisant financièrement. Carte, prix et contrats de travail seraient maintenus.
Un poids lourd de l’horeca belge
L’établissement bruxellois n’est pas une petite affaire. En 2025, son chiffre d’affaires avoisinait les 13 millions d’euros. En semaine, près de 1.500 couverts sont servis chaque jour, et jusqu’à 2.500 le samedi.
À court terme, l’objectif affiché est un retour à l’équilibre financier. Les investissements viendront ensuite. Reste que, pour Bruxelles, le symbole est fort : dans un contexte déjà fragile pour l’horeca bruxellois, une enseigne née au XIXe siècle sous pavillon belge passe désormais sous contrôle français. Mais ses nouveaux dirigeants promettent de respecter l’esprit de la maison. Affaire à suivre, donc… Dans les assiettes comme dans les comptes.