Construction : 9 entreprises sur 10 redoutent une hausse des prix à cause de la guerre
La guerre au Moyen-Orient fait craindre une nouvelle flambée des prix dans la construction. Selon Embuild, 9 entreprises sur 10 anticipent une hausse des matériaux, avec des conséquences possibles sur les chantiers, les délais… et les factures des particuliers.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 89 % des entreprises de construction anticipent une hausse des prix des matériaux
- Jusqu’à 20 % d’augmentation (voire plus) redoutée par une partie du secteur
- Seules 28 % envisagent de répercuter ces hausses sur leurs clients
- Des tensions sur l’approvisionnement pourraient aussi retarder les chantiers
La guerre au Moyen-Orient commence déjà à produire ses effets en Belgique. Selon une enquête du secteur, près de 9 entreprises de construction sur 10 s’attendent à une hausse des prix des matériaux dans les prochaines semaines. Un scénario qui ravive les craintes d’une nouvelle période d’instabilité, après les fortes hausses enregistrées entre 2020 et 2024.
D’après une enquête menée par Embuild, 89 % des entreprises de construction et d’installation anticipent une augmentation des prix des matériaux à court terme. Une inquiétude largement partagée dans un secteur encore marqué par les conséquences du Covid et de la guerre en Ukraine, qui avaient fait bondir les prix de 35 % en moyenne sur quatre ans.
Des hausses potentiellement importantes
Dans le détail, les entreprises s’attendent à des augmentations significatives :
- 35 % évoquent une hausse comprise entre 1 et 10 %
- 39 % anticipent une hausse entre 11 et 20 %
- près d’un quart redoute une envolée supérieure à 20 %
Après une relative stabilisation en 2024, la situation géopolitique actuelle menace donc de relancer une dynamique inflationniste dans le secteur.
Les entreprises hésitent à répercuter les coûts
Face à cette incertitude, de nombreuses entreprises se montrent prudentes vis-à-vis de leurs clients.
Si 46 % ont intégré une clause de révision des prix dans leurs contrats, seules 28 % envisagent réellement de l’activer. La raison est claire : préserver la relation commerciale. « Nous recommandons toujours aux entreprises de construction de travailler avec des clauses de révision des prix dans leurs contrats, car le marché des matériaux est encore trop volatile », souligne Niko Demeester, CEO d’Embuild.
En pratique, cela signifie que la majorité des entreprises tenteront d’absorber elles-mêmes une partie des hausses, au moins dans un premier temps.
Des contrats à adapter face à l’incertitude
Le secteur plaide toutefois pour davantage de transparence contractuelle. Embuild recommande de systématiser les clauses de révision des prix afin de mieux répartir les risques entre entrepreneurs et clients. « On parle alors d’un contrat équilibré dans lequel les deux parties savent à quoi s’en tenir », explique Niko Demeester. « C’est certainement le meilleur moyen de conclure un contrat transparent, surtout en période de conflits géopolitiques majeurs. »
Autre point d’attention : les délais. Près de 6 entreprises sur 10 craignent également des problèmes d’approvisionnement, susceptibles de retarder les chantiers. Dans ce contexte, 36 % des entreprises incluent désormais des clauses de délai indicatif, qui permettent de fixer une échéance flexible plutôt qu’un engagement strict.
L’argument renforcé de la rénovation énergétique
Au-delà des enjeux immédiats, cette nouvelle crise conforte une tendance de fond : l’intérêt croissant pour les logements économes en énergie. « Ceux qui consomment peu d’énergie ressentent beaucoup moins l’impact des hausses de prix sur leur facture », insiste Niko Demeester.
« Cette guerre démontre une fois de plus qu’il est avantageux d’investir dans un logement économe en énergie. »
Un message qui résonne particulièrement en Belgique, où les prix de l’énergie restent étroitement liés aux tensions internationales.