Hongrie : la chute d’Orbán, entre succès sur l’immigration et dérive du capitalisme de copinage
Les élections de ce dimanche n'ont laissé aucune place au suspense : le Premier ministre hongrois Viktor Orbán quitte le pouvoir. Il laisse derrière lui un système politique très contesté, y compris sur le plan interne. Analyse.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
- Hongrie : Viktor Orbán abandonne le pouvoir, vaincu dans les urnes.
- En seize ans, il a construit un système politique qui s'est effiloché vis-à-vis de sa propre population.
Après seize années au pouvoir, Viktor Orbán a finalement été battu dans les urnes. Celui qui promettait de défendre l’intérêt national aura durablement marqué la Hongrie par sa fermeté migratoire et son autorité politique, avant d’être rattrapé par ses dérives économiques et son isolement.
À Győr, fin mars, quelque chose s’est brisé. Face à une poignée d’opposants scandant « Mocskos Fidesz ! », Viktor Orbán s’emporte, accuse, désigne des ennemis. La scène, largement relayée, frappe par ce qu’elle révèle : un homme sur la défensive, inhabituel pour ce tribun rompu à l’exercice du pouvoir. Certains y voient un « moment Ceausescu », excessif sans doute, mais révélateur d’une perte d’aura.
L'usure du pouvoir
Car pendant des années, Orbán semblait intouchable. On l’a vu aux côtés de Donald Trump, soutenu jusque dans les derniers jours de campagne par l’envoi de JD Vance à Budapest. On l’a vu aussi s’afficher avec Vladimir Poutine, au point d’alimenter l’image d’un dirigeant hongrois devenu, aux yeux de ses détracteurs, trop aligné sur Moscou. À Bruxelles, il s’érigeait en opposant frontal, défiant ouvertement ses partenaires européens.
Mais à mesure que sa stature internationale grandissait, le lien avec le terrain, lui, s’effilochait. Contraint par la montée de son rival Péter Magyar, Viktor Orbán a dû revenir dans une Hongrie qu’il semblait avoir désertée. Et partout, ou presque, les signes d’usure apparaissent : sifflets, contestations, défiance d’une jeunesse qui ne se reconnaît plus dans son discours. À Szentes, début avril, il tente encore de justifier son bilan face à ces jeunes qui le huent — sans parvenir à combler le fossé.
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