Banques : Bruxelles menace la City et complique le rapprochement avec Londres
Selon le Financial Times, les nouvelles règles bancaires européennes pourraient profondément fragiliser la City de Londres, en obligeant les banques britanniques et américaines à relocaliser une partie de leurs activités dans l’UE. Une évolution qui, au moment même où Keir Starmer tente de relancer la relation post-Brexit, révèle une tension croissante entre ambition politique et réflexe réglementaire à Bruxelles.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— La directive CRD VI de l’Union européenne va restreindre les services bancaires transfrontaliers, poussant banques britanniques et américaines à se relocaliser dans l’UE
— Cette évolution menace la City de Londres et complique le rapprochement voulu par Keir Starmer avec Bruxelles
— En voulant renforcer sa souveraineté financière, l’Europe pourrait aussi renchérir le coût du capital et fragiliser ses propres ambitions économiques et militaires
C’est un texte technique, presque discret, mais aux conséquences potentiellement majeures. La directive européenne CRD VI, et en particulier son article 21c, pourrait redessiner en profondeur l’équilibre financier entre l’Union européenne et la City de Londres. En limitant drastiquement la capacité des banques non européennes à fournir certains services depuis l’extérieur du bloc, Bruxelles enclenche une mécanique dont les effets dépassent largement la seule régulation bancaire.
Car derrière la norme se profile un déplacement. Un déplacement d’activités, de capitaux, d’emplois — et, plus largement, d’influence financière.
Une restriction sans précédent des services transfrontaliers
Le cœur du dispositif est clair. Les banques basées hors de l’Union — qu’elles soient britanniques ou américaines — verront leur capacité à offrir des services essentiels à des clients européens fortement encadrée. Prêts, gestion de trésorerie, opérations en devises : autant d’activités qui, jusqu’ici, pouvaient être opérées depuis Londres ou New York, et qui devront désormais, dans de nombreux cas, être relocalisées à l’intérieur du marché européen.
Concrètement, cela signifie une chose : pour continuer à servir leurs clients dans l’UE, les grandes banques internationales devront renforcer leurs implantations locales, y transférer des actifs, du personnel et des capacités opérationnelles. Une évolution que les acteurs du secteur décrivent déjà comme inévitable.
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