Le MR poursuit son offensive à Bruxelles : Emmanuel De Bock quitte DéFI et rejoint les libéraux
Ancien chef de groupe DéFI au Parlement bruxellois et figure de l’aile centre-droite du parti amarante, Emmanuel De Bock bascule au Mouvement réformateur. Un ralliement qui confirme la stratégie de recrutement menée par Georges-Louis Bouchez et fragilise un peu plus DéFI dans la capitale.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après plus de trente ans chez DéFI, le conseiller communal ucclois Emmanuel De Bock rejoint le MR. Ce ralliement, encouragé par Georges-Louis Bouchez, s’inscrit dans une stratégie de renforcement libéral à Bruxelles et confirme l’érosion progressive du parti amarante.
Le transfert était dans l’air depuis plusieurs mois. Conseiller communal à Uccle, avocat et ancien député bruxellois, Emmanuel De Bock a annoncé son départ de DéFI pour rejoindre le MR après plus de trente ans d’engagement dans la formation issue du FDF.
La décision a été officialisée par le président libéral, qui y voit une étape supplémentaire dans la consolidation du projet du MR à Bruxelles. De son côté, l’élu justifie ce choix par un repositionnement politique et idéologique. Il estime que le cadre libéral correspond davantage à ses convictions actuelles et à sa lecture des enjeux bruxellois, notamment face à la progression de la gauche radicale et du PTB dans certaines communes.
Au sein du MR, Emmanuel De Bock continuera d’exercer ses mandats locaux, notamment comme chef de groupe à Uccle et conseiller CPAS. Il rejoindra également l’équipe de la présidence du Parlement bruxellois, auprès de Bertin Mampaka, et s’inscrira dans la dynamique portée à Bruxelles par le nouveau ministre-président Boris Dilliès.
Un profil emblématique de l’ancien PRL-FDF
Emmanuel De Bock incarnait depuis longtemps une sensibilité particulière à l’intérieur de DéFI, marquée par l’héritage de la fédération PRL-FDF. Candidat malheureux à la présidence du parti en 2013 puis en 2024, il apparaissait déjà en décalage avec l’évolution de la formation et avec une ligne jugée parfois trop éloignée du centre-droit.
S’il n’était plus au cœur des équilibres internes, il conservait une influence idéologique reconnue. Son départ symbolise donc davantage qu’un simple mouvement individuel : il renvoie aux difficultés structurelles de DéFI à maintenir ses cadres et à clarifier son positionnement politique dans un paysage bruxellois très fragmenté.
Une stratégie assumée de recrutement pour le MR
Pour le Mouvement réformateur, ce ralliement s’inscrit dans une stratégie plus large de recomposition à Bruxelles. Le parti libéral multiplie depuis plusieurs années les recrutements d’élus issus de l’ex-FDF et entend continuer sur cette voie dans les prochains mois.
Le message politique est clair, de construire un pôle libéral élargi capable de peser dans les rapports de force régionaux et communaux, en particulier face à la montée des formations de gauche radicale.
Ce mouvement intervient alors que DéFI traverse une phase délicate, marquée par la fuite de certaines figures et la recomposition de son espace politique. Le départ d’Emmanuel De Bock illustre cette fragilisation, même si l’élu ne figurait plus parmi les principaux faiseurs de voix du parti.