LFI a-t-elle encouragé la violence ? Ces déclarations polémiques qui attisent le feu depuis des années
Mélenchon et LFI ont-ils trop souvent soufflé sur les braises de la colère ? Après les émeutes en France, de nombreux responsables politiques désignent l'extrême-gauche comme responsable des tensions et de la montée de la violence par des déclarations continuelles depuis des années.
Publié par J.PE
« La violence peut être légitime », « c’est à l’Elysée qu’il faut manifester » « On ne va pas jouer les pompiers »… Plusieurs figures de La France insoumise ont multiplié les déclarations controversées sur la contestation, les manifestations et les forces de l’ordre depuis plusieurs années. Alors que de nouvelles tensions et des émeutes agitent la France, ces propos relancent une question politique sensible : jusqu’où peut aller la rhétorique de la confrontation sans contribuer à banaliser la violence ?
La France insoumise (LFI) est une nouvelle fois au centre des critiques. À l’approche du 17 octobre, un florilège de déclarations attribuées à plusieurs personnalités du mouvement circule sur les réseaux sociaux. Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan, Bally Bagayoko, David Guiraud, Antoine Léaument et Thomas Portes y sont cités pour des propos particulièrement virulents sur la contestation sociale.
Ces déclarations ne sont pas toutes récentes. Certaines remontent aux émeutes de juin 2023, après la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre. D’autres sont liées à des mobilisations plus récentes. Leur point commun : elles interrogent sur la place accordée à la confrontation dans le discours politique insoumis.
« Abattez la citadelle » : la rhétorique offensive de Mélenchon
Le 15 septembre 2023, lors de la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon prononce une formule devenue emblématique : « Abattez la citadelle ».
L’expression s’inscrit dans un discours politique appelant la jeunesse à contester l’ordre établi et à transformer le système politique et social. Elle ne constitue pas, à elle seule, un appel explicite à la destruction physique d’un bâtiment. Mais cette formule illustre le registre volontiers offensif du chef de file insoumis. Dans un contexte de tensions sociales, ce type de vocabulaire nourrit les critiques de ceux qui reprochent à LFI de privilégier la confrontation plutôt que l’apaisement.
Autre déclaration de Jean-Luc Mélenchon, en juin 2023, au lendemain de la mort de Nahel : « Les chiens de garde nous ordonnent d’appeler au calme. Nous appelons à la justice. »
Bally Bagayoko : « La violence peut être légitime »
C’est l’une des déclarations les plus controversées de ces dernières semaines. Le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a affirmé que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », dans le contexte des blocages de lycées et de la mobilisation de jeunes manifestants. Les propos ont provoqué une vive réaction politique.
David Guiraud : manifester à l’Élysée plutôt que dans les quartiers
En juin 2023, après la mort de Nahel, le député LFI David Guiraud déclare : « C’est pas dans les quartiers qu’il faut manifester, c’est plutôt à l’Élysée. »
La formule s’inscrit dans un discours dénonçant les circonstances de la mort du jeune homme et désignant le pouvoir exécutif comme interlocuteur de la colère exprimée dans les quartiers.
Antoine Léaument : « On ne va pas jouer les pompiers »
Le député Antoine Léaument est cité pour cette déclaration : « Les manifestations prennent la forme qu’elles veulent. […] On ne va pas jouer les pompiers. »
Ces propos ont été rapportés en juin 2023, alors que les émeutes consécutives à la mort de Nahel provoquaient de fortes tensions dans plusieurs villes françaises.
Léaument exprimait également l’idée que la colère était légitime. Le député contestait ainsi la posture consistant à demander prioritairement aux manifestants de rentrer chez eux ou de se calmer.
LFI responsable des émeutes ?
L’accumulation de ces déclarations nourrit les critiques contre La France insoumise. Pour ses opposants, elles témoignent d’une rhétorique de confrontation, d’une dénonciation systématique des forces de l’ordre et d’une difficulté à condamner sans ambiguïté certains débordements.
Les responsables insoumis, eux, inscrivent généralement leurs propos dans la défense des droits sociaux, la dénonciation des violences policières ou le soutien aux mouvements de contestation. Ils contestent l’idée que leur discours puisse être réduit à une incitation à la violence.
Hier soir, le Premier Ministre Sébastien Lecornu a appelé Jean-Luc Mélenchon a prendre ses responsabilités en déclarant : "Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités. Vous appelez celles et ceux qui partagent votre combat à ne pas participer aux pillages. Commencez donc par désigner clairement les responsables, c’est-à-dire ceux qui pillent et qui saccagent. On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C’est VOTRE responsabilité politique."
Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) October 17, 2026
Vous appelez celles et ceux qui partagent votre combat à ne pas participer aux pillages. Commencez donc par désigner clairement les responsables,… https://t.co/v6oSiH4oBR