LFI, la gauche qui racialise la République
À l’approche des municipales, La France insoumise pousse toujours plus loin une politique de l’identité. Appels à voter « pour ceux qui nous ressemblent », obsessions de couleur de peau, rhétorique de confrontation démographique et antisionisme devenu marqueur militant. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon joue avec le feu, et il sait très bien ce qu’il fait.
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
Résumé de l'article
En campagne municipale, plusieurs cadres de LFI assument une lecture raciale du vote, appelant à élire des candidats "racisés" parce qu’ils "ressemblent" à certains électeurs. Rima Hassan revendique cette logique de ressemblance et d’assignation, tandis que d’autres figures relaient une rhétorique de confrontation qui fait de l’identité le moteur politique. Les propos attribués à Carlos Martens Bilongo, vantant une supériorité et une victoire démographique, illustrent un basculement préoccupant. En parallèle, l’activisme propalestinien et un antisionisme devenu marqueur militant exposent le mouvement à des accusations récurrentes d’antisémitisme, qui empoisonnent le débat public. Au total, LFI apparaît moins comme un parti social que comme une machine à polariser, gagnant un socle au prix d’une fracture civique.
Il fut un temps où Jean-Luc Mélenchon écrivait que la France n’était liée ni par l’ethnie, ni par la religion, ni par la couleur, mais par un pacte civique. Ce rappel importe, parce qu’il permet de mesurer la rupture. Aujourd’hui, au sein de LFI, la « représentativité » n’est plus un souci de sociologie politique, elle devient une injonction identitaire. On ne demande plus seulement des élus issus de tous les milieux, on exige des élus « racisés », au nom d’une lecture raciale de la société.
Les propos cités ces derniers jours dans la campagne municipale sont à cet égard limpides. Rima Hassan, eurodéputée LFI, a résumé la doctrine sans détour en appelant à « élire celles et ceux qui nous ressemblent », au motif que le nom et la couleur seraient « politiques » dans un « État raciste ». Aly Diouara, candidat soutenu par elle, plaide pour des candidats qui, « dans leur chair », défendraient les « convictions » des quartiers. Sébastien Delogu va plus loin en parlant d’une « opportunité qu’enfin un racisé dirige certaines villes, afin que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ».
Ces phrases ne relèvent pas de l'incartade isolée. Elles installent une norme implicite : la légitimité d’un candidat se juge à sa place dans une grille de catégories raciales. Le suffrage municipal, qui devrait arbitrer entre un programme, une gestion, une vision locale, se voit transformé en référendum identitaire. Le vieux logiciel républicain, celui qui ne veut connaître que des citoyens, est remplacé par une politique du miroir. Vote pour celui qui te ressemble. Et surtout, vote contre celui qui ne te ressemble pas.
Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon s’amuse à manier un vocabulaire explosif. En reprenant le syntagme « grand remplacement » à front renversé, même sous prétexte d’ironie, il adopte les mots des adversaires qu’il prétend combattre. Il joue au pyromane cultivé, persuadé qu’il contrôlera l’incendie. Mais une fois qu’un chef valide l’idée que la politique se joue sur le terrain des identités, il devient difficile de s’étonner que ses cadres parlent ensuite de « racisés » comme d’un bloc électoral à conquérir, à flatter, à mobiliser.
Rima Hassan, Bilongo, Delogu : une rhétorique de bloc contre bloc
Ce qu'LFI installe, c’est une vision du pays découpé en camps. D’un côté, les « racisés », les « humiliés », les « montrés du doigt ». De l’autre, des « racistes » indifférenciés, souvent réduits à une figure commode, « les blancs », « les milliardaires », « le système ». Cette opposition permanente fabrique de l’énergie militante, mais elle fabrique aussi du ressentiment.
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