Discret, peu identifié idéologiquement, longtemps extérieur aux cénacles bruxellois, le commissaire européen autrichien Magnus Brunner (photo) s’est imposé comme la figure centrale du tournant migratoire engagé par l’Union. Centres de retour hors UE, durcissement des règles d’éloignement, remise en cause des automatismes juridiques. Sous son impulsion, l’Europe cesse peu à peu de parler migration pour commencer à l’administrer.
Il n’était pas attendu. Et c’est précisément ce qui a permis son installation. Lorsqu’il est nommé commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration à la fin de l’année 2024, Magnus Brunner ne traîne derrière lui ni passé militant encombrant, ni réputation de pourfendeur idéologique. Avocat de formation, ancien ministre autrichien des Finances, il arrive à Bruxelles sans signature doctrinale, sans rhétorique prête à l’emploi et sans camp clairement identifié.
Ce profil, longtemps perçu comme un handicap dans un portefeuille historiquement inflammable, s’est révélé un atout. Là où ses prédécesseurs se heurtaient à des lignes rouges morales ou politiques, Brunner a avancé par déplacement silencieux du cadre. Non pas en proclamant une rupture, mais en rendant inopérant l’ancien discours.
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