Ministre-président flamand : « Je doute que les institutions européennes soient capables de répondre aux défis actuels »
Le ministre-président flamand Matthias Diependaele a vivement mis en cause la capacité des institutions européennes à répondre aux défis économiques et géopolitiques actuels. En marge du sommet d’Alden Biesen, il a plaidé pour une Europe plus compétitive et ouverte, tout en se positionnant clairement contre les tentations protectionnistes défendues par Paris.
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Résumé de l'article
Interpellé au Parlement flamand, Matthias Diependaele a exprimé ses doutes sur la capacité de l’Union européenne à répondre aux défis actuels, jugeant ses réponses insuffisantes face à la concurrence des États-Unis et de la Chine. Le ministre-président flamand critique des choix politiques et réglementaires qui affaibliraient la compétitivité du continent et plaide pour une stratégie économique fondée sur l’ouverture plutôt que sur le protectionnisme. Aligné sur la position allemande, il met en garde contre les risques d’un « Made in Europe » trop contraignant pour des entreprises fortement tournées vers l’international.
Les institutions européennes sont-elles encore capables de faire face aux défis actuels ? Le ministre-président flamand Matthias Diependaele en doute sérieusement. Interpellé jeudi 11/2 au Parlement flamand par la députée N-VA Inge Brocken, il n’a pas mâché ses mots : « Je me pose la question, et la poser, c’est déjà y répondre », a-t-il lancé.
Ces déclarations interviennent alors qu’un sommet européen se tient au château d’Alden Biesen, dans le Limbourg. Pour Diependaele, le contraste est frappant entre l’ampleur des enjeux et la faiblesse des réponses apportées. Il dit n’avoir « absolument pas vu » la Commission européenne forte et volontariste qu’il espérait, évoquant même une réunion « très décevante » organisée la veille à la Handelsbeurs d’Anvers.
Selon lui, l’Union européenne passe trop de temps à observer ce qui se fait en Chine ou aux États-Unis, au lieu de se concentrer sur ses propres leviers. « Si nous perdons en compétitivité, c’est d’abord de notre faute », estime-t-il, pointant des choix politiques et réglementaires qui affaibliraient l’économie européenne.
Protectionnisme : alignement sur la ligne allemande
Sur le terrain économique, le ministre-président flamand s’est clairement positionné dans le débat sur un éventuel virage protectionniste de l’UE. Il s’est rangé du côté du chancelier allemand Friedrich Merz, opposé au plan « Made in Europe » défendu par le président français Emmanuel Macron, qui vise à encourager les pouvoirs publics à privilégier les produits et services européens.
« Soyons prudents », a averti Diependaele. « La Belgique compte des entreprises actives dans le monde entier, notamment dans le secteur du dragage. » Un protectionnisme européen pourrait, selon lui, provoquer des mesures de rétorsion et pénaliser directement ces acteurs économiques.
« Ne pas affaiblir nos propres entreprises »
Le message est clair : renforcer la compétitivité européenne passe, selon Diependaele, par l’ouverture et non par le repli. « Je suis entièrement du côté de Merz », a-t-il insisté. « Nous devons aider nos entreprises à affronter la concurrence mondiale, pas les enfermer ou les affaiblir par de mauvaises décisions politiques. »
Une prise de position qui illustre, une fois de plus, les lignes de fracture persistantes au sein de l’Union sur la stratégie économique à adopter face aux grandes puissances mondiales.