Pour la première fois, plus de vols directs vers la Chine que vers les États-Unis depuis Brussels Airport (carte blanche)
Brussels Airport n’a jamais connu, au cours de sa longue histoire, autant de vols directs vers la Chine qu’aujourd’hui, écrit l’analyste aéronautique Luk De Wilde dans une analyse pour 21News. Il s’agit de 35 vols aller-retour hebdomadaires entre Bruxelles et différentes villes chinoises comme Pékin, Shanghai et Shenzhen. Il y a ainsi actuellement plus de liaisons aériennes directes vers la Chine depuis Bruxelles que vers les États-Unis (34 par semaine).
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
— 35 vols hebdomadaires vers la Chine contre 34 vers les États-Unis depuis Bruxelles
— Les compagnies chinoises bénéficient d’un avantage clé en survolant la Russie
— Les transporteurs européens pénalisés par des trajets plus longs et plus coûteux
Depuis mardi dernier, Air China, l’une des plus grandes compagnies aériennes au monde et la compagnie nationale de la République populaire de Chine, opère également depuis Zaventem sept vols hebdomadaires directs vers Pékin avec un Airbus A330, ainsi que trois vols hebdomadaires vers Chengdu, la plus grande ville de la province du Sichuan. La compagnie renforce ainsi l’offre en forte croissance de liaisons directes entre Bruxelles et la Chine.
Percée avec Hainan Airlines
Pendant longtemps, Brussels Airport est resté dépourvu de vols directs entre Bruxelles et la Chine. Il y a 20 ans, la situation a changé avec l’arrivée de Hainan Airlines. En 2006, la compagnie chinoise a lancé des vols directs entre Zaventem et Pékin. Depuis, elle a considérablement élargi son réseau avec des liaisons directes vers des villes comme Shenzhen (trois fois par semaine), Shanghai (quatre fois par semaine) et plus récemment Chongqing (trois fois par semaine), faisant de Hainan un acteur clé des liaisons entre la Belgique et la Chine.
Hainan Airlines, filiale depuis fin 2021 de HNA Aviation, fait partie du groupe Liaoning Fangda et exploite la plupart de ses vols vers Bruxelles avec des Airbus A330. Cette reprise a suivi la restructuration de son ancien propriétaire, le groupe HNA, après des procédures de faillite.
De nouveaux acteurs sur la route
Il y a près de deux ans, Juneyao Air a également lancé des vols directs entre Brussels Airport et l’aéroport international de Shanghai Pudong. La compagnie chinoise assure cette liaison avec un Boeing 787-9 Dreamliner. Fondée en 2005, Juneyao Air est une filiale du groupe privé chinois Shanghai Juneyao (Group) Co., Ltd. Un autre actionnaire important est China Eastern Air Holding Company Limited.
Hong Kong est desservie directement depuis Bruxelles depuis 2018 par Cathay Pacific Airways. Après une interruption durant la crise du coronavirus, la compagnie est revenue à Zaventem en août de l’année dernière avec quatre vols hebdomadaires opérés en Airbus A350-900. Cathay Pacific est l’un des membres fondateurs de l’alliance aérienne oneworld, aux côtés notamment de British Airways, Qatar Airways et American Airlines.
Les alliances renforcent le réseau
Air China, récemment arrivée, est membre de Star Alliance, la plus grande alliance aérienne mondiale, avec des partenaires tels que Lufthansa — dont fait partie Brussels Airlines — mais aussi United Airlines, Thai Airways, Turkish Airlines et Singapore Airlines. Pour Brussels Airlines, l’arrivée d’Air China, partenaire de Star Alliance, est commercialement intéressante, les vols chinois étant connectés au réseau européen de la compagnie belge.
L’appartenance aux alliances aériennes mondiales est aujourd’hui perçue comme un atout en Europe, car les compagnies européennes ne peuvent plus survoler la Russie vers l’Asie depuis la guerre en Ukraine. Les compagnies chinoises, en revanche, continuent de le faire, ce qui leur confère un avantage concurrentiel considérable en empruntant la route la plus courte vers l’Europe, et inversement.
Cela se traduit non seulement par des temps de trajet plus courts, mais aussi par une consommation de carburant réduite et des billets moins chers par rapport aux compagnies européennes contraintes de contourner l’espace aérien russe. Cet avantage « inéquitable » permet aux compagnies chinoises d’accroître leurs parts de marché, tandis que les transporteurs occidentaux doivent désormais compter 2 à 3 heures de vol supplémentaires.
Conséquences pour l’aviation européenne
Le renchérissement des opérations de vol a notamment conduit Lufthansa à supprimer certaines liaisons asiatiques. Les détours impliquent plusieurs heures de vol supplémentaires et une consommation accrue de carburant. Les vols entre l’Europe et l’Asie passent désormais soit par le sud, via la Géorgie et la mer Caspienne, soit par le nord, via les régions polaires — cette dernière option étant surtout pertinente pour les vols vers le Japon.
Il est également frappant de constater que les autorités russes tirent d’importants revenus du survol de leur territoire par les compagnies chinoises. Les droits de survol (« overflight fees ») sont estimés entre 4.000 et 8.000 euros par vol traversant l’espace aérien russe. Ces montants alimentent les caisses de l’État russe, sans que cela ne pose de problème particulier au gouvernement chinois, contrairement à la position européenne.
De grandes compagnies chinoises sont également actives à l’aéroport d’Amsterdam Schiphol, telles que China Southern Airlines, China Eastern, Xiamen Air, China Airlines et EVA Air, cette dernière opérant des vols vers et depuis Taïwan.