Prix du carburant : le MR propose un cliquet inversé automatique et attaque le PS (+ VIDEO)
Alors que les prix des carburants s’envolent à nouveau, le MR dégaine une nouvelle arme fiscale : le cliquet inversé automatique. Cette mesure pourrait offrir un répit immédiat aux automobilistes… tout en ravivant les fractures entre libéraux et socialistes.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Le MR propose d’activer un cliquet inversé automatique pour faire baisser les prix à la pompe.
- Le mécanisme réduit temporairement les accises lorsque les prix dépassent un seuil critique.
- Une baisse des accises entraîne aussi une diminution de la TVA, amplifiant l’effet sur le prix final.
- Le débat a viré à l’affrontement politique entre Georges-Louis Bouchez (MR) et Pierre-Yves Dermagne (PS).
Le ton est monté d’un cran ce jeudi à la Chambre. Alors que le diesel franchit la barre des 2 euros, Georges-Louis Bouchez (MR) a profité d'un duel musclé avec Pierre-Yves Dermagne (PS) pour annoncer une mesure radicale : l'activation du cliquet inversé. Mais comment fonctionne ce mécanisme de secours pour votre portefeuille ?
Face à l’envolée des prix de l’énergie liée au conflit en Iran, le MR passe à l'offensive. Dès ce vendredi matin, le ministre de l’Économie David Clarinval déposera sur la table du gouvernement une proposition pour instaurer un cliquet inversé automatique. L'objectif ? Amortir les chocs pétroliers en réduisant les accises pour soulager directement les citoyens et les entreprises.
Le « cliquet inversé » : comment ça marche ?
Instauré pour la première fois en 2005, ce mécanisme est un véritable amortisseur fiscal. Voici les trois points clés pour comprendre son impact :
- Baisse des accises : Actuellement, l'État prélève environ 60 cents de taxes (accises) par litre de carburant. Le cliquet permet de diminuer provisoirement ce montant dès que le prix à la pompe dépasse un certain seuil.
- L'effet double (TVA) : Comme la TVA s'applique sur le montant des accises, une baisse de la taxe entraîne mécaniquement une baisse de la TVA. C'est ce qu'on appelle un impact au « second niveau », maximisant le répit pour l'automobiliste.
- Le retour à la normale : Le système est temporaire. Lorsque les cours du pétrole redescendent, les accises remontent progressivement pour reconstituer les recettes de l'État.
« En matière d’hypocrisie, on a affaire à un expert »
L’annonce a rapidement tourné au règlement de comptes politique. S’adressant directement au chef de groupe PS, Pierre-Yves Dermagne, qui attaquait le PS sur le maintien de la hausse des accises sur le gaz et, d'ici 2029, sur le mazout, , Georges-Louis Bouchez a fustigé l’attitude des socialistes : « En matière d'hypocrisie, c'est clair que là on a affaire à un expert parce qu'en fait cette décision, elle est juste le fruit de ce que votre groupe politique a voté ».
Le président du MR a pointé du doigt les votes passés du PS favorisant l'électricité au détriment du pétrole, lançant au passage une pique sur l'ancienne ligne du parti : « Je n'entends plus beaucoup votre président parler d'écosocialisme. Vous savez, il y a une époque où c'était très tendance l'environnement... ».
L'innovation : le rendre « automatique »
Contrairement aux activations précédentes (comme en mars 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine) qui nécessitaient une décision politique ponctuelle, Georges-Louis Bouchez veut aller plus loin. Il propose l’instauration d’un mécanisme automatique pour « amortir l'évolution et les chocs en matière énergétique ». En clair : plus besoin de débattre pendant des semaines au gouvernement, le prix baisserait dès que le plafond est atteint.
« Calmez-vous ! » : Le nucléaire en ligne de mire
Alors que les interruptions fusaient, Georges-Louis Bouchez a sèchement recadré son interlocuteur : « Calmez-vous, je vais vous répondre ! ». Pour le leader libéral, le PS porte une lourde responsabilité dans la crise actuelle : « Monsieur Dermagne, si votre président n'avait pas fait partie de ceux qui se sont opposés au MR lorsque nous souhaitions faire plus pour le nucléaire... on aurait peut-être plus d'autonomie énergétique aujourd'hui en Belgique ».
En guise de conclusion, il a fermé stigmatisé l'attitude du PS : « Alors franchement, en matière d'hypocrisie [...] vous n'avez aucune leçon à nous donner ». Le dossier arrive ce vendredi sur la table d'un gouvernement fédéral sous pression.