Succession de Jean-Paul Philippot et de Jean-Pierre Jacqmin : fin de cycle et bataille politique en coulisses à la RTBF
La RTBF est à un tournant historique. Deux des postes les plus stratégiques de l’audiovisuel public francophone sont en pleine transition : l’administrateur général, grand patron de l’entreprise, et le directeur de l’information, cœur de sa mission éditoriale. Leur renouvellement se déroule dans un contexte politique, économique et médiatique particulièrement tendu, qui met en lumière des dilemmes plus profonds sur la place du service public dans un paysage en crise.
Publié par J.PE
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Ce n’est pas une simple nomination. La succession à la tête de la RTBF relance un débat de fond sur la place du service public dans un marché médiatique fragilisé. Avec 370 millions d’euros de dotation annuelle, la chaîne publique est accusée par certains d’exercer une concurrence déséquilibrée face aux acteurs privés. Dans un contexte politique tendu et une recomposition du paysage médiatique, l’avenir de la RTBF dépasse largement la question des personnes : c’est son modèle qui est en jeu.
Sommaire
- Peu de candidats déclarés
- Un environnement qui change — et qui divise
- 370 M€ par an : cadeau aux médias publics ou concurrence déloyale ?
- Le rôle politique de la RTBF et l’indépendance des rédactions
- Un paysage en recomposition — et des médias privés en alerte
- Un tournant crucial pour l’audiovisuel public
L’ère de Jean-Paul Philippot touche à sa fin. Après quatre mandats de six ans — et une évaluation positive de son travail par un collège externe — l’administrateur général a décidé de ne pas solliciter de cinquième mandat. Il prolongera néanmoins sa mission jusqu’au 31 octobre, afin de superviser la transition la plus symbolique et complexe de l’histoire récente de la RTBF : le déménagement vers le nouveau siège Mediasquare, destiné à moderniser profondément les outils et méthodes de travail.
La clôture des candidatures pour son successeur a eu lieu ce 14 février à minuit. Le Conseil d’administration, sous la présidence de Joëlle Milquet (Engagés), a confié à un collège d’experts indépendants le soin de constituer une liste — au maximum trois noms — qui sera ensuite transmise au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), seul décisionnaire final. Aucun choix ne devrait être rendu public avant l’été, et l’entrée en fonction ne prendra effet qu’en novembre prochain.
Cette procédure est qualifiée de plus transparente que par le passé — mais elle s’inscrit dans un contexte politique inédit : la majorité MR-Engagés aura, pour la première fois, le dernier mot sur la nomination d’un poste longtemps influencé par les réseaux du Parti socialiste. Il faut souligner que c’est la première fois que ce mandat est entouré d’une telle transparence. C’est incontestablement un progrès. Il faudra juste s’assurer que l’on continuera de la sorte si d’autres majorités se forment dans le futur…
Peu de candidats déclarés
Au lendemain de la clôture des candidatures, peu de certitude, si ce n'est celle d’Emmanuel Tourpe, 56 ans, ancien responsable des études puis directeur de la programmation à la RTBF entre 2001 et 2017, aujourd’hui aux médias du pôle Outre-mer de France Télévisions. Il n’a cependant ni confirmé ni infirmé sa démarche.
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